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Ici et ailleurs Travailler avec les Néerlandais
1er/04/2004 • 17h53
A l’heure de l’Europe élargie, opportunité rime aussi avec mobilité. Comment travaille-t-on en Europe ? Quelles différences notoires y observe-t-on, en termes de fonctionnement, de méthodes, de vie professionnelle ? Chaque mois, des consultants s’expriment sur un pays européen où ils sont en mission. Résolument tournés vers le monde et dotés d’un véritable opportunisme économique, les Pays-Bas recherchent les expertises étrangères pointues et offrent de nombreuses opportunités aux consultants. Spécialiste en systèmes de communication visuelle et publicité, Jean-Claude Gonord travaille avec les Hollandais depuis plus de vingt ans. Il nous livre les grandes lignes d’une culture pleine de ressources.
Amsterdam © NU.edu
Des structures hiérarchiques moins marquées La culture hollandaise privilégie les organisations souples et horizontales. La hiérarchie est moins marquée qu’en France. « On entretient des rapports beaucoup plus directs avec son patron, sans toujours devoir composer avec des échelons intermédiaires », explique ainsi Jean-Claude Gonord. L’organisation est moins rigide et plus décentralisée, on bénéficie généralement d’une plus grande liberté d’action permettant à chacun d’exprimer sa compétence. Pour Jean-Claude Gonord, si « cette approche peut déconcerter certains, elle convient très bien aux caractères autonomes. » Une culture ouverte, tournée vers le monde extérieur En raison de leur situation géographique, les Hollandais ont toujours été tournés vers l’extérieur, ce sont de grands commerçants doublés de financiers émérites. « On les compare souvent à des caméléons car ils ont une remarquable faculté d’adaptation, ils restent ouverts et se fondent dans la culture des pays avec lesquels ils traitent. À cet égard ils font preuve de beaucoup d’opportunisme. Ils travaillent avec des interfaces culturelles dans chaque pays et vont toujours chercher les expertises là où elles se trouvent », commente encore Jean-Claude Gonord. La Hollande offre beaucoup d’opportunités aux experts qualifiés. Les cadres expérimentés sont accueillis à bras ouverts et bénéficient d’avantages fiscaux véritablement incitatifs. Les consultants forts d’une expertise pointue sont aussi très bien perçus, le recours à la sous-traitance est rentré dans les mœurs hollandaises depuis une vingtaine d’années déjà. La réactivité pour mot d’ordre Les Hollandais sont connus professionnellement pour leur sens de l’anticipation doublé d’une grande réactivité. « Si je sollicite le concours de dernière minute de mon directeur sur une affaire importante, il se libère et vient en France dans les trois jours » tient à préciser Jean-Claude Gonord. « Ils ont la culture du consensus, mais restent avant tout opportunistes et peuvent prendre des décisions importantes rapidement si la situation l’exige, en deux ou trois jours, là où un pays latin prendrait plutôt un mois. Il est donc capital de s’adapter à leur façon de faire et de répondre immédiatement, ils attendront toujours une grande réactivité de votre part. » Une approche pragmatique plus anglo-saxonne que latine Dans le Nord, la dimension relationnelle est beaucoup moins forte que dans les pays latins. La culture reste très centrée sur les affaires et l’on consacre généralement moins de temps aux contacts. La rencontre physique n’est pas incontournable, on travaille beaucoup à distance et le sandwich prévaut souvent sur le repas d’affaires. « Ils sont très accueillants, mais feront toujours preuve d’une grande maîtrise là où les Latins sont souvent plus sanguins. » Ils ne se dispersent pas. La tendance n’est pas au présentéisme ni aux heures supplémentaires, mais on ne badine pas avec ses huit heures quotidiennes. Pour Jean-Claude Gonord, « leur côté procédurier est un autre trait qu’ils partagent avec les Anglo-saxons. C’est une culture de l’écrit et non de l’oral et il est toujours plus prudent de tout coucher sur le papier. Si vous êtes amené à traiter d’une grosse affaire, il est préférable de vous adjoindre les services d’un conseil juridique afin de border votre contrat au maximum. Les Hollandais sont procéduriers, ils n’hésiteront pas à critiquer l’exécution d’un contrat et j’ai vu dans ma carrière des contractants étrangers perdrent ainsi beaucoup d’argent. Cela étant dit, c’est un pays très agréable où l’on est toujours bien reçu. »
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