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N° 18 du 14/10/04
18 octobre 2004
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Travailler avec les Britanniques
20/01/2004 • 00h00
À l’heure de l’Europe élargie, opportunité rime aussi avec mobilité. Comment travaille-t-on en Europe ? Quelles différences notoires y observe-t-on, en termes de fonctionnement, de méthodes, de vie professionnelle ? Chaque mois, des consultants s’expriment sur un pays européen où ils sont en mission.

Mesure et sens de la nuance : l’art de communiquer avec les Anglais

Big Ben, à Londres - 13.4 ko
Big Ben, à Londres
 
Les Français sont de plus en plus nombreux chaque année à aller travailler au Royaume-Uni. Pour Ulf Heilig, consultant en développement technique et marketing, « la Grande-Bretagne offre des opportunités intéressantes, le conseil est une institution bien implantée Outre-Manche et le recours à des consultants externes est rentré dans les mœurs des entreprises, bien plus qu’en France. »

Des modes de communication tout en nuances

Généralement, les Anglais tendent à faire preuve d’une certaine réserve dans leurs relations. « Ils prennent plus de distance vis-à-vis du travail, et se laissent moins dominer par leurs émotions. À ce titre, il est préférable de ne pas élever la voix, même en cas de désaccord, au risque de heurter les sensibilités » commente ainsi Ulf Heilig. Même son de cloche chez Louis-Jean Rivalan, consultant en maîtrise des risques. « Les Anglais n’aiment pas les conflits ouverts, ils ont une approche souvent plus nuancée. Ainsi, ils opposeront rarement un refus catégorique, cependant il ne faut pas s’y tromper un « oui, mais » équivaut souvent à un « non ». Il faut être conscient de ces codes, ne pas hésiter à demander des clarifications en cas de doute, et toujours s’assurer de leur complète adhésion ». En revanche, « les Anglais ont le sens de l’engagement et de la parole même orale, une fois un accord ferme conclu, ils s’y tiennent » aime à rappeler Ulf Heilig.

Ne pas arriver en terrain conquis

Autre point capital pour Ulf Heilig : la nécessité de respecter les formes. « Pour faire passer une idée, il vaut mieux suggérer qu’imposer, les Britanniques n’aiment pas être contraints. ». « Même s’ils ne rentrent pas ouvertement en conflit avec vous, ils n’appliqueront pas vos stratégies et décisions, si celles-ci leur ont été imposées sans discussion » ajoute Louis-Jean Rivalan. « J’ai vu ainsi beaucoup de sociétés françaises ayant racheté des filiales britanniques affronter de sérieuses difficultés en ayant voulu imposer leur culture et façon de faire. Il est très important de ne pas arriver en terrain conquis, d’autant que l’historique franco-britannique pèse encore entre nos deux peuples et a parfois tendance à exacerber les susceptibilités ».

Faire preuve de rigueur

Les Français sont aussi parfois perçus comme étant un peu inconstants voire manquant même occasionnellement de fiabilité. « Un effet de miroir » pour Ulf Heilig, « une réserve fréquente » pour Eric Sorbier, consultant en commercialisation de technologies d’information. « Il est important de respecter les dead-lines, et de faire preuve d’une grande rigueur dans le suivi de la mission. À l’instar des Américains, les Anglais sont attachés à la notion de dépassement des attentes « exceed the expectations », il est crucial de tenir ses objectifs au risque d’entamer sérieusement son capital confiance. » Reste que pour Louis-Jean Rivalan, les Français « sont très reconnus pour leur savoir-faire industriel », un hommage très fair-play de la part d’un pays qui fut le berceau de la première révolution du genre.

En savoir plus sur les profils de : M. Louis-Jean Rivalan M. Ulf Heilig

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