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"Un" lobbyiste pour l’élargissement
Par Nathalie Van Batten (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
1er/04/2004 • 20h43
Une quarantaine de lobbies et de groupes d’intérêt des futurs Etats membres se sont associés en un réseau, celui des bureaux de représentation des pays candidats, le NIROC. A plusieurs, et surtout à Bruxelles, ils augmentent leurs chances de toucher les décideurs européens, découvrent de nouvelles pratiques et de nouvelles opportunités. Mais cette préparation suffira-t-elle ? Les pays adhérents à l’Union européenne n’ont pas attendu le 1er mai prochain pour s’acculturer aux rouages du système européen. Pour faire entendre leur voix, échanger expériences et contacts et s’initier, pour certains, au lobbying européen, Boris Cizelj, directeur de la Slovenian Business and Research Association (SBRA), a trouvé une réponse avec le NIROC (Network of Interest Representation Offices from Candidate Countries) : un réseau informel de 37 groupes d’intérêts, créé et implanté à Bruxelles depuis quatre ans maintenant. « En fait, chaque bureau, chaque lobbyiste travaille tout seul la plupart du temps », précise Boris Cizelj. « Le réseau est certainement utile, dans la mesure où il permet d’avoir des représentants importants de la Commission européenne et d’autres institutions, qui ne prendraient probablement pas le temps de parler avec tous les bureaux séparément. ». Une expertise au service des novices Associations, chambres de commerce, régions, cabinets de consultants... Huit des pays de l’élargissement sont représentés au sein du NIROC : la Hongrie, la République tchèque, la Pologne, l’Estonie, la Slovaquie, la Lituanie, la Slovénie et Malte. Influencer le législateur n’est qu’une partie des activités de lobbying. L’autre volet concerne les appels d’offres et les contrats à saisir. « Deux de nos membres slovènes nous ont demandé de collecter les offres européennes dans le domaine de l’agriculture, pour le lait et la viande. Notre responsabilité, c’est de les aider à choisir et de nous assurer qu’elles seront les plus appropriées à leur cas. » Une expertise des rouages de la machine européenne appréciée par des lobbyistes plus novices. « Open-lobbied » La Lettonie et la Bulgarie n’ont pas encore de bureaux de représentation dans la capitale européenne, mais sont les bienvenues au sein du NIROC. « Notre réseau va continuer. Les membres trouveraient vraiment dommage d’arrêter cette coopération au 1er mai, donc on va accepter de nouveaux membres, et s’ouvrir aux futurs pays candidats », confie Boris Cizelj. C’est à prendre au sens large. La Turquie, avec qui la Commission européenne n’a pas encore décidé d’entamer les négociations d’adhésion (décision prévue en décembre 2004), a déjà sa place dans ce réseau. C’est même elle qui compte le plus de groupes dans le NIROC. « Ce n’est pas que ce sont les mieux organisés, mais la Turquie est clairement un grand pays. Ils opèrent à Bruxelles depuis un certain nombre d’années. », explique le directeur de la SBRA. Pas étonnant, dès lors, que le vice-Président du NIROC soit le représentant d’industriels turcs. Même si la Turquie n’obtient pas le feu vert de la Commission, « stratégiquement, il est important de ne pas les repousser, ils ont une certaine habitude de l’Union européenne, et il est aussi dans notre intérêt et le leur qu’ils remplissent les critères, même si ce n’est pas demain », selon Boris Cizelj. « Nous apprendrons » En tout cas, les lobbies turcs ne sont pas de trop. Il faut dire que le NIROC est une goutte d’eau dans l’océan des milliers de bureaux de lobbying bruxellois. « Bien sûr, les lobbies déjà en place des Etats membres sont beaucoup plus nombreux, mais nous n’avons pas peur. Sur les 1600, beaucoup sont en fait des associations européennes de tous les pays. Et puis nous apprendrons, et nous pouvons être aussi actifs qu’eux. » Boris Cizelj concède tout de même que cela risque de prendre un peu de temps, mais il compte déjà sur une intensification des relations avec les lobbies expérimentés, des coopérations par secteur notamment. Pour s’intégrer pleinement au club, souvent perçu comme opaque, des lobbyistes européens. Pour en savoir plus : Le site du NIROC, le réseau des bureaux des représentations d’intérêts des pays candidats : présentation, activités, membres. Le site de l’Association slovène des affaires et de la recherche : présidée par Boris Cizelj, membre du réseau NIROC, elle regroupe elle-même la Chambre de commerce et de l’industrie de Slovénie et deux universités slovènes, parmi d’autres organisations. |
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