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Comprendre Le processus de Bologne ou l’harmonisation des diplômes
Par Nathalie Van Batten (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
8/04/2004 • 00h00
Les cursus universitaires d’Europe ne fonctionnent pas tous sur le même modèle. Difficile d’y voir clair dans les niveaux d’études, ce qui nuit à la mobilité des étudiants et complique la reconnaissance de leurs diplômes obtenus à l’étranger. Le processus de Bologne entend y remédier. Processus de Bologne... encore un terme sibyllin qui s’explique par une réunion des Ministres de l’Education en juin 1999 dans cette ville italienne. 29 pays européens (aujourd’hui une quarantaine) ont alors signé une déclaration les engageant à réformer leurs systèmes universitaires pour les faire converger. Un pas vers la lisibilité et la reconnaissance des diplômes Les principales actions à réaliser d’ici 2010 :
Il s’agit de rendre les diplômes plus « lisibles », comparables et compatibles, notamment grâce au « supplément au diplôme », un document standard et descriptif (niveau, nature, contenu) reconnu en Europe et dans le monde.
En gros, on ne compte plus en années d’études, mais en crédits. Même trois mois d’apprentissage dans un autre pays sont reconnus et s’accumulent aux crédits obtenus auparavant. Un crédit équivaut à 24h de travail (cours magistraux, travail personnel, laboratoires, exercices pratiques), une année d’études à 60 crédits. Un grand pas pour la mobilité, si les établissements européens (tous, et pas seulement quelques uns en réseau fermé, espèrent certaines associations étudiantes) coopèrent et mettent en place un label de qualité. Mangés à la sauce bolognaise Les ministres de l’Education ont appelé de leurs vœux une Europe qui ne soit pas uniquement « celle de l’euro, des banques et de l’économie. » D’où l’idée d’un espace européen de l’enseignement supérieur, où les frontières tomberaient (comme les barrières douanières) pour favoriser la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs, pour mieux les préparer aux exigences du marché du travail et pour rendre les universités d’Europe plus attractives. Certaines associations étudiantes (UNEF et SUD) et des profs d’université n’entendent pas être mangés à la sauce bolognaise ! Ils craignent que le système des crédits ECTS affectent la diversité de l’enseignement, les particularismes régionaux et les particularités de certaines matières et que l’uniformisation des cursus rende les universités européennes concurrentes entre elles. « Crédits », « compétitivité », « employabilité » sonnent aux oreilles des plus inquiets comme la marche vers une privatisation de l’enseignement supérieur. Des dérives seulement potentielles pour le moment : les déclarations des Etats signataires ont jusqu’ici garanti un enseignement comme « bien public sous la responsabilité du public. » C’est d’ailleurs à chacun des Etats de mettre en œuvre les modalités pratiques pour réformer son système universitaire. Le cadre européen est juridiquement très flou et n’énonce que de grands principes. Lire aussi notre article : Paru cette semaine dans la rubrique "Bien euro de le savoir" : Erasmus : c’est pas "l’auberge espagnole" pour tout le monde ! Mémo
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