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Elargissement - approfondissement
Par Alain Bloedt (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
8/04/2004 • 00h00
On a souvent tendance à opposer dans l’opinion publique la notion d’élargissement, qui définit l’adhésion de nouveaux Etats membres, à celle d’approfondissement, synonyme d’une intégration sans cesse plus étroite entre membres appartenant à l’Union.

Certains redoutent en effet, avec l’augmentation du nombre d’États membres, que l’Elargissement n’entrave la poursuite de la construction européenne, en la faisant davantage ressembler à un vaste espace marchand, sans identité ni volonté politique.

Un élargissement sans précédent

Ces craintes ressurgissent à chaque nouvelle vague d’élargissement mais prennent une force particulière cette fois ci. L’Union européenne accueillera en effet, le 1er mai prochain pas moins de dix nouveaux Etats (Lituanie, Lettonie, Estonie, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne, Slovénie, Malte et Chypre) ; une quatrième vague sans précédent dans son ampleur si on la compare aux précédentes qui se limitaient au maximum à trois Etats (1973 : Danemark, Irlande et Royaume-Uni ; 1981 : Grèce, 1986 : Espagne et Portugal ; 1995 : Autriche, Finlande et Suède).

Un même « carosse »

Si les chiffres peuvent impressionner, la réalité est beaucoup moins inquiétante. L’Union européenne a pris les devants et décidé de réformer les principales politiques communautaires (politique agricole commune et politique structurelle) ainsi que le fonctionnement des institutions afin de faciliter les relations entre anciens et nouveaux membres.

Des mutations internes qui permettent à Michael Emerson, chercheur au Centre for European Policy Studies (CEPS), de penser que « l’élargissement et l’approfondissement sont les deux roues d’un même carrosse, celles de la poursuite de l’intégration européenne ».

Cette nouvelle phase d’élargissement aurait d’ailleurs pu être plus... élargie, si le Conseil européen avait autorisé les candidatures de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Turquie. En effet, si comme le rappelle l’article 49 du Traité de l’Union européenne, « la stabilité économique et politique de l’Europe constitue un pôle d’attraction », il ne suffit pas de formuler une demande d’adhésion pour entrer dans l’Union. Sinon, comment comprendre que la Slovénie, candidate officielle depuis le 10 juin 1996 compte parmi les dix, quand la Turquie patiente depuis 27 ans ?

Conditions sine qua non

Trois critères bien précis, appelés critères de Copenhague, sont imposés aux pays candidats. Ils concernent :

-  la stabilité démocratique du pays,
-  la réussite de l’économie de marché,
-  la capacité de transposition de la législation communautaire (dit acquis communautaire) dans leur législation nationale.

Si la Commission européenne, chargée d’examiner les candidatures a conclu les négociations en 2002 avec les Dix, elle considère en revanche que la Bulgarie et la Roumanie ne remplissent pas encore tous les critères. La question devrait rapidement revenir sur le tapis et permettre à ces deux pays l’entrée dans l’Union Européenne (UE) en 2007.

Le casse-tête turc

Présentement, la plus vieille candidate à l’Union, la Turquie, n’a toujours pas entamé de négociations avec l’Union. Une décision dans ce sens pourrait intervenir au Conseil européen, qui se réunira en décembre prochain. Les Turcs ne sont néanmoins assurés de rien. Depuis que la question est inscrite à l’ordre du jour du Conseil européen, les polémiques ne cessent de se développer autour de sujets aussi hétérogènes que les questions démocratiques en Turquie, l’influence du pouvoir militaire sur Chypre du Nord ou la position géographique et géostratégique du pays face à l’Europe. La seule question religieuse (entrée d’un pays à dominante musulmane, bien que prônant la laïcité) n’étant qu’un des aspects qui tend désormais à céder la place...

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