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Les faux euros font des petits
Par Nicolas-Jean Brehon (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
15/04/2004 • 13h10
542.459 faux billets ont été retirés de la circulation en 2003. Les chiffres, publiés en janvier 2004 par la Banque Centrale Européenne (BCE), sont passés - à tort- inaperçus.

Il y a pourtant plusieurs raisons de s’inquiéter.

Une augmentation spectaculaire

Les nouveaux billets ont été introduits le 1er janvier 2002. Les Européens perturbés par le changement de monnaie, avaient peur des fraudes et des faux euros. Une inquiétude largement infondée, car, à part quelques copies médiocres et quelques arnaques de margoulins abusant de personnes âgées déboussolées, tous les professionnels savaient que les faux n’arrivent jamais au moment du changement de monnaie, mais après un temps d’adaptation de l’ordre de 12 ou 18 mois, le temps de maîtriser l’art de la copie. Ce qui était prévu arriva donc un peu plus tard. La progression des faux billets recensés est même spectaculaire : 167.118 faux billets recensés en 2002, 542.459 en 2003 :

Évolution du nombre de faux euros

1er semestre 2002 2° semestre 2002 1er semestre 20032° semestre 2003
21.965145.153 230.534311.925

Les attaques sont concentrées sur les 20 et 50 euros qui représentent à eux deux 85 % des faux billets. En revanche, les Européens peuvent sans risque utiliser des liasses de 500 euros...

Répartition des faux billets

5 euros 10 euros 20 euros 50 euros 100 euros 200 euros 500 euros
3.2095.335149.518314.84654.575 14.026 950
0,6 %1 %27,6 %58 %10,1 %2,6 %0,1 %

Tous égaux devant les faux euros

A croire la Banque Centrale Européenne (BCE), le résultat est encourageant, puisque « le nombre est inférieur de 20 % au nombre de faux dans les anciennes monnaies nationales en 2001 ». En réalité, les professionnels ont des raisons de se sentir préoccupés. Non pas qu’il y ait de la fausse monnaie, car les signes anti-contrefaçons ne sont là que pour dissuader les fraudeurs et ralentir la fraude et ne parviennent jamais à l’interdire complètement. C’est plutôt l’ampleur du phénomène qui surprend.

D’une part, les faux, enregistrés en 2003, correspondent à un faux billet sur 15.000 billets en circulation. Soit exactement la moyenne qui existait du temps du franc, alors que les signes destinés à lutter contre la contrefaçon n’étaient pas aussi perfectionnés que sur l’euro. D’autre part, la baisse enregistrée par rapport à 2001 est trompeuse : avant l’euro, beaucoup de pays ne connaissaient pas la fausse monnaie. L’Autriche, la Finlande, la Belgique, les Pays-Bas, tous les pays de taille modeste dont les monnaies étaient trop peu échangées, n’intéressaient pas les faux monnayeurs. La fausse monnaie était une habitude et un sport surtout français et italien... Avec l’euro, tout le monde est mis sur un pied d’égalité Les faux sont mieux répartis. Il y en a moins chez ceux qui en avaient beaucoup et plus chez ceux qui n’en n’avaient pas.

Lire aussi notre article cette semaine pour "Comprendre" la Banque Centrale Européenne (BCE)

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