A quelques jours du 1er mai, la ville de Bruxelles accueille avec circonspection l’entrée des dix nouveaux États membres dans l’Union européenne. Sans céder aux scénarii alarmistes, la ville se demande comment elle intégrera ces nouvelles communautés.
Difficile de deviner, en marchant dans les rues de Bruxelles que l’élargissement sera officiel dans quelques jours. Ni affiches, ni drapeaux ne viennent interpeller le passant sur cet événement historique. En cherchant bien, on découvre que les institutions européennes organiseront une « journée portes ouvertes » et que diverses animations, concentrées dans le quartier européen, au centre-est de la ville, viendront célébrer cette entrée.
Un expatrié = deux emplois
Bourgmestre (maire) de Bruxelles, Freddy Thielemans se réjouit de cette intégration réussie « qui va dans le sens de l’Europe ». N’en déplaise à ses administrés d’origine belge qui critiquent la hausse du marché immobilier, l’élargissement de l’Europe est un apport économique non négligeable. Ces nouveaux consommateurs ont généralement un pouvoir d’achat plus élevé que la moyenne.
Près de 6.400 nouveaux fonctionnaires sont attendus dans les quatre prochaines années, issus essentiellement de nouveaux pays. Ils viendront s’ajouter aux 35.000 déjà présents. De plus, on considère que chaque nouvel expatrié travaillant pour une institution est à l’origine d’un poste de travail supplémentaire dans les secteurs tels que les services juridiques, le lobbying, le consulting et la traduction.
Quid de l’intégration ?
Pour Eric Mamer, porte-parole de la Commission européenne, « cette augmentation est loin d’être un big-bang ». Institution la plus gourmande en matière de fonctionnaires, la Commission s’est en effet dotée d’un plan de rationalisation du personnel et des bureaux l.
« Il faudrait savoir comment intégrer ces nouvelles communautés dans nos habitudes locales » , s’interroge le maire de Bruxelles. Une problématique très large qui va de la célébration des fêtes nationales de chaque communauté au respect des règles de vie locale.
De ce côté là, les institutions européennes n’ont pas su apporter de réponses claires au bourgmestre. Une situation liée, de manière générale, à des relations bien trop « ponctuelles » entre les deux parties, concède M. Thielemans. Mais optimiste, il ajoute que les relations vont en s’améliorant depuis quelques années avec la présidence de la Commission. Ironie du sort, Romano Prodi cédera bientôt son poste.
Memo :
Président du syndicat des locataires de la région de Bruxelles Capitale, José Garcia exprime ses craintes sur le marché local de l’immobilier à quelques jours de l’arrivée de nouveaux travailleurs issus des dix nouveaux pays de l’élargissement.
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"La moitié de l’augmentation des loyers à Bruxelles est liée aux institutions européennes. Pour l’autre moitié, on a parlé d’un recyclage d’argent sale, tout spécialement dans les années 1990, eu égard justement aux prix très modérés et à l’importance que l’Europe a prise ici en particulier. (...) Sauf action à venir des pouvoirs publics, cet élargissement va provoquer inévitablement, un nouveau boom immobilier dans la région bruxelloise et dans les grandes villes de Belgique, car pour les managers internationaux, se déplacer à une ou deux heures, est devenu plus facile ! Comme cela s’est vu dans les années 1980, ces personnes vont d’abord se fixer dans la seconde couronne et déloger peu à peu les locataires de ces quartiers . Lesquels vont, par un effet de domino, se rapprocher du centre et déloger les locataires des communes plus centrales. Pour éviter cela, nous demandons qu’il y ait en Belgique un blocage des baux et des loyers avec, bien entendu, indexation. Une solution facile à prendre puisqu’elle existe depuis l’aprés-guerre dans le pays.”
Les loyers en Europe. En termes de loyer, Bruxelles reste bien moins cher que Londres, Paris ou Amsterdam. Il demeure que, depuis les années 80, les augmentations de loyer sont passées du simple au triple, voire au quadruple dans certains quartiers. En France par exemple, il existe des aides personnalisées au logement.. Aux Pays-Bas, 45 % des logements sont sociaux, comparativement à 10 % en Belgique. En Espagne, grâce à un effort d’aide à l’acquisition des biens, favorisé par l’Etat, 96 % des Espagnols sont aujourd’hui propriétaires de leurs biens.
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