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Y a-t-il un effet Zapatero en Euroméditerranée ?
Par Florence Kuntz (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
29/04/2004 • 17h30
Si l’on évoque, à juste titre, les conséquences des résultats des législatives espagnoles sur la construction européenne - la fin du blocage ibérique sur le texte constitutionnel - et celles, à plus long terme, sur les relations entre l’Europe et les États-Unis - l’atlantisme de José Maria Aznar ayant été sévèrement condamné par les citoyens espagnols -, il convient de s’attarder sur les répercussions de la victoire du Parti socialiste espagnol (PSOE) sur la zone euro méditerranéenne.

Sans préjuger de l’action de Zapatero pour les mois à venir, on peut se réjouir des premières mesures du Premier ministre. On le sent notamment désireux de renouer avec la tradition espagnole d’ouverture vers le Sud. Outre la décision de retirer les soldats espagnols du bourbier irakien, ô combien importante si l’on se souvient de l’influence d’Aznar dans le ralliement des pays d’Europe centrale et orientale à la diplomatie américaine, deux événements doivent retenir notre attention.

C’est d’abord la nomination au poste de Ministre des Affaires étrangères de Miguel Moratinos, ancien envoyé spécial de l’Europe au Proche-Orient. Si cette dernière mission - imposer l’Europe comme un partenaire incontournable dans le dossier israélo-palestinien - était condamnée d’avance par une machine qui, selon l’excellente formule de l’écrivain Philippe de Saint Robert, « lorsqu’elle parle d’une seule voie, c’est pour ne rien dire », il est resté un militant de l’union des deux rives. Et dès son entrée au gouvernement, il a invité la France, le Maghreb et l’Espagne à travailler de concert afin de renforcer les liens qui unissent les pays riverains de Mare Nostrum : « La modernité en Afrique du Nord exige que la France et l’Espagne se mettent d’accord sur une politique vis-à-vis du Maghreb. Elle aide nos voisins du Sud à construire leur unité régionale à travers l’Union du Maghreb arabe pour qu’ils puissent aborder la modernité avec des garanties de succès . »

Ensuite, c’est la première visite officielle à l’étranger, lourde de symboles, d’un Zapatero choisissant de se rendre au Maroc et montrant ainsi sa volonté de sortir des années de crise entre les deux pays, du sort des enclaves de Ceuta et Melilla à celui de l’Îlot Persil, de la question de la pêche à celle de l’immigration ou encore du trafic du kif.

Autant de signes d’une rupture avec un prédécesseur qui avait préféré l’Atlantique à la Méditerranée. C’est le retour dans le bassin méditerranéen d’un de ses acteurs essentiels, près de dix ans après la signature des accords de Barcelone !

Florence Kuntz est députée au Parlement européen, membre de la délégation Palestine, Moyen-Orient, Pays du Maghreb et directrice de la revue Salamandra.

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