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Ici et ailleurs Travailler avec les Hongrois
17/06/2004 • 10h52
Avec l’Europe élargie, l’heure est à la mobilité. Comment travaille-t-on en Europe ? Quelles différences majeures observe-t-on d’un pays à l’autre en termes de fonctionnement, de méthodes de travail et de vie professionnelle ? Chaque mois, des consultants s’expriment sur un pays de l’Union Européenne dans lequel ils ont effectué des missions.
Bains Széchenyi - Joueurs d’échecs © DR Office du tourisme hongrois
Le 1er mai dernier les dirigeants de l’Union se sont réunis à Dublin pour fêter l’élargissement de l’Europe. Parmi les nouveaux entrants : 10 millions de Hongrois. La Hongrie, un petit pays qui peut se prévaloir de 12 prix Nobel scientifiques et de l’invention du Rubik’s Cube. Une nation à laquelle on doit aussi le vin de Tokay, très apprécié par Louis XIV... Mais au-delà de ces quelques clichés, que savons-nous vraiment de nos voisins ? Jean-Pierre Baux, consultant international en management, du cabinet Intervenance Isalariat, nous dresse le portrait des habitudes de travail des Hongrois. Des gens conviviaux très respectueux de la hiérarchie De manière générale, les Hongrois sont des gens conviviaux et bons vivants, privilégiant les rapports humains. « Les Hongrois sont simples et directs. Cependant, il faut savoir ménager les susceptibilités. Fiers de leur pays et de leur culture, les Hongrois sont également fiers de leur fonction.... et des attributs liés à cette fonction (bureau, voiture...) », souligne Jean-Pierre Baux. La raison ? Le respect de la hiérarchie est fortement ancré dans les mentalités. « L’ancienne organisation socialiste avec ses activités largement programmées laissait peu de place à l’initiative. Par conséquent, omettre de tenir au courant un service concerné, d’en référer à la hiérarchie, bref trop d’esprit d’initiative, peut encore passer pour un manque de loyauté. A l’inverse, ce qui chez nous pourrait passer pour un manque d’engagement est pour les Hongrois un simple respect des prérogatives de chacun. » L’attrait du modèle occidental Premier obstacle pour un Français en Hongrie : la barrière de la langue. « Même si le hongrois est une langue non indo-européenne et donc très difficile pour un Français, le fait d’en connaître quelques mots, les plus courants, est apprécié », explique ainsi Jean-Pierre Baux. Toutefois, inutile de savoir dire beaucoup plus que « bonjour, au revoir ». La Hongrie est un pays tourné vers l’Europe occidentale, et l’usage de plusieurs langues est répandu, surtout chez les jeunes qui aspirent à un mode de vie conforme à celui des pays de l’Ouest. La langue étrangère la plus parlée est sans conteste l’anglais, en raison de l’attraction exercée par le modèle américain. Elle est talonnée par l’allemand, les Hongrois se sentant proches culturellement de leurs voisins germaniques et autrichiens. « Le niveau de formation initial est élevé, et le désir de se perfectionner et de continuer à passer des diplômes est très répandu », remarque Jean-Pierre Baux. Signe de cette forte ambition sociale : les titres tels que « Docteur » ou « Ingénieur » sont très utilisés dans les conversations pour valoriser les interlocuteurs. Une grande capacité d’adaptation « En tant que consultant dans le domaine du management, j’ai eu l’occasion de lancer et suivre de nombreux groupes de travail », raconte Jean-Pierre Baux. « J’ai été frappé par l’implication et le sérieux des Hongrois et la qualité de leur travail. Ils sont très curieux de notre organisation, de notre fonctionnement en économie libérale (mise en concurrence, passation de marchés). » Très réactifs, les Hongrois semblent donc prêts à adopter les standards de l’organisation managériale occidentale. « Si les rapports hiérarchiques restent encore empreints d’un certain formalisme, l’encadrement est prêt à évoluer et à investir de nouveaux espaces de liberté. Dans ce contexte, la France et les Français sont perçus de manière positive car ils offrent un contrepoids à l’influence germanique, jugée pesante, contraignante et axée uniquement sur l’amélioration de la productivité ». Les Hongrois n’ont pas l’intention de laisser passer le train de l’Europe. C’est activement qu’ils se préparent à effectuer les réformes nécessaires à leur intégration dans le système économique européen.
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