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Par Stephen Bunard (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
29/04/2004 • 19h25
C’est le nombre de pages de traduction produites en 2003 par le Parlement européen. A comparer aux 1.5 millions de pages générées la même année par la Commission européenne.

On parle beaucoup d’une « tour de Babel », encore renforcée par l’arrivée des 10 nouveaux pays au 1er mai, mais on est surtout proche du volapük en matière de résultats de traduction. Qu’on en juge.

C’est le système de « langues pivot » qui est utilisé. Rien à voir avec Bernard, le défenseur des mots surannés, qui en perdrait bien plus que son latin... Les langues relais sont l’indéboulonnable anglais, le français et l’allemand en langues secondaires. Détails : un texte écrit en letton est d’abord traduit en anglais (ou bien en français ou bien en allemand) par un traducteur du département Anglais, Français ou Allemand. Ce texte est ensuite ventilé dans les autres départements linguistiques qui le traduisent de l’anglais vers leur propre langue. On se croirait sur les outils de traduction proposés par des services en ligne, tels Altavista ou Voila. Ceux-là même qui transforment les premiers mots du poème de Mallarmé « La chair est triste... » en « La viande est molle... ». Heureusement, le niveau de recrutement des traducteurs et interprètes laisse peu de risques à de telles extrémités.

Néanmoins, le procédé souffre d’une certaine lourdeur. Mais Alléluïa, lorsqu’un traducteur d’un département ne faisant pas partie des départements pivots connaît déjà, ou souhaite apprendre, une nouvelle langue, cette information est intégrée au système. Un texte écrit en maltais (ah, le maltais !), par exemple, peut passer par le département Espagnol, si un traducteur de ce service connaît déjà le maltais, mais c’est pour ensuite être traduit de l’espagnol vers les autres langues. Capito ? En même temps, avec 20 langues et 380 combinaisons possibles, le système des "langues pivot" évite de sombrer dans le kakfaïen.

Le rapport Herbillon - Assemblée nationale, 2003 - a rendu publics quelques chiffres du Parlement européen : 1 150 traducteurs, 56 000 journées interprètes, le coût journalier d’un interprète : 625 euros, le coût du multilinguisme au Parlement européen : 274 millions d’euros, soit 30% de son budget. A noter que le coût d’interprétation d’une langue supplémentaire est d’environ 8 millions d’euros par an.

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  • 718 521
    3 novembre 2006, par adlirec
    Ceci prouve bien qu’il est urgent d’adopter une langue auxiliaire pour cette communauté européenne, une langue équitable, facile et choisie par sondage parmi les langues existantes (nationales et internationales). Signé : Adlirec