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Ici et ailleurs Travailler avec les Polonais
13/05/2004 • 00h00
A l’heure de l’Europe élargie, opportunité rime aussi avec mobilité. Comment travaille-t-on en Europe ? Quelles différences notoires y observe-t-on, en termes de fonctionnement, de méthodes, de vie professionnelle ? Chaque mois, des consultants s’expriment sur un pays européen où ils sont en mission.
poland.net © DR
Force majeure de l’Europe élargie, la Pologne avec ses 38 millions d’habitants, équivaut en nombre, à l’ensemble de tous les autres entrants. Pour ce pays qui a longtemps vécu dans l’incertitude historique, convoité et inquiété par ses voisins, le 1er mai 2004 a été un grand jour : les Polonais ont approuvé à 77 % leur adhésion à l’Union Européenne. Annie Chevallier, consultante internationale en financement de projets nous dresse le portrait de ces nouveaux européens. Un sentiment d’appartenance européenne très profond « Les Polonais se sentent très européens et ont eu à cœur durant des années d’intégrer officiellement la communauté européenne », explique Annie Chevallier, qui a effectué de nombreuses missions en Pologne. Cette population, l’une des plus jeunes d’Europe, a soif de normalité et d’européanisation, mais l’histoire a forgé le comportement polonais et certaines divergences perdurent. Des liens historiquement forts entre la Pologne et la France Si les liens entre la France et la Pologne sont historiquement et culturellement forts, l’Allemagne, qui possède une frontière commune, gagne de l’importance. Pour Annie Chevallier « les Français jouissent toujours d’une bonne image, mais le français, qui fût longtemps la langue d’une certaine élite intellectuelle polonaise, se voit peu à peu abandonné au profit de l’anglais, la langue des affaires ». Des rapports très hiérarchisés, influencés par la religion et le communisme Chaleureux et agréables, courtois et catholiques : voilà l’image que donnent les Polonais. « Durant toutes ces années de communisme, la religion a été un véritable refuge et les fêtes religieuses sont toujours très célébrées. Difficile de signer un contrat durant la semaine de Pâques », explique ainsi Annie Chevallier. Dans les entreprises polonaises, les journées de travail commencent tôt, vers 8h00. Les salariés déjeunent sur place et à 16h00 tout le monde est parti : nombre de Polonais ont encore un deuxième job après leur emploi officiel... « Les rapports au travail sont extrêmement hiérarchisés, et les Polonais manquent un peu, aux yeux des Français, d’esprit d’initiative ou d’autonomie. La machine administrative polonaise, lourde et pesante, en est une fidèle représentation. Les gens tiennent au vouvoiement dans l’entreprise et peuvent adjoindre Monsieur (ou Madame) devant votre prénom lorsqu’ils s’adressent à vous. C’est une marque d’amitié empreinte de respect ». Patience et pédagogie : deux vertus à cultiver « Pour beaucoup de mes compatriotes travaillant avec les Polonais, la patience et la pédagogie représentent deux atouts indispensables. S’énerver lors de négociations est absolument impensable et stérile », commente encore Annie Chevallier. Par ailleurs, héritage de quarante années de dictature, les Polonais expriment plutôt leur désaccord par de la résistance passive, et n’ont pas l’habitude de discuter la stratégie de l’entreprise que cela soit entre collaborateurs ou, encore moins, avec leurs supérieurs hiérarchiques. Des notions comme la compétitivité ou la culture du résultat sont encore assez étrangères aux mentalités en Pologne. Mais, le pays évoluant très vite, cela ne saurait trop tarder.
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