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Par Alain Bloedt (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
14/05/2004 • 00h55
Les eurodéputés seraient-ils aussi prudents sur l’élargissement que beaucoup de citoyens ? Pas vraiment, mais ils reconnaissent que l’intégration de nouveaux parlementaires, accueillis à Strasbourg en grandes pompes, nécessitera des ajustements.

La dernière session parlementaire avant les élections des 10 et 13 juin a donné lieu à une drôle de mise en scène début mai à Strasbourg. Conséquence directe de l’élargissement, 786 députés étaient appelés à siéger sur les bancs de l’hémicycle au lieu des 626 habituels. 160 députés supplémentaires, originaires des dix pays entrants, nommés (non élus) par leurs Parlements nationaux. Ils étaient présents depuis un an à Strasbourg, à titre d’observateur.

Premier test grandeur nature

Si elle se voulait commémorative, cette session s’est tout de même prononcée sur des questions essentielles comme le dossier de transmission des données des passagers des vols transatlantiques. Un vote surveillé de près par les spécialistes afin de pouvoir pronostiquer le futur comportement du prochain Parlement.

A la surprise de nombreux parlementaires des Quinze, qui craignaient « l’atlantisme » de leurs confrères d’Europe centrale et orientale, les nouveaux eurodéputés ont respecté les consignes de parti. Autrement dit, ce premier vote de l’Europe à 25 a donné lieu à un classique choc frontal, conservateurs contre socialistes, avec les libéraux au centre, pour faire pencher la barrière vers la gauche et le rejet de la demande américaine.

Une discipline de parti, saluée par la majorité, même si, à l’image d’Olivier Dupuis, député italien du parti radical, il est trop tôt pour crier victoire. « Les anti-Américains primaires, secondaires et tertiaires auront du mal à s’accorder, tout particulièrement dans le groupe socialiste où il y aura débat. »

L’ombre du « géant rouge » plane encore

Si le premier vote semble démontrer l’européanisme des nouveaux arrivants, la Présidente de la délégation française de l’UMP au Parti populaire européen (PPE), Margie Sudre, persiste et signe. « Nous aurons un gros travail à l’égard de ces futurs députés car ils pensent toujours que leur seul rempart contre le communisme reste encore les Etats-Unis ».

Fédéraliste convaincu, Joseph Leinen, député socialiste allemand, est beaucoup moins pessimiste sur ses futurs collègues. « A condition qu’ils ne fassent pas de barrages d’opposition », il ne pense pas que ce sera plus grave qu’avec la Grande-Bretagne ou la Scandinavie, car ces nouveaux pays ont plus à gagner qu’à perdre de l’union européenne.

L’intégration politique

L’autre élément essentiel, qui pourrait balayer un certain nombre d’inconnues, c’est l’influence des groupes politiques. « La plupart des questions sont décidées à l’intérieur des familles politiques et non via les relations Est-Ouest », rappelle Joseph Leinen.

Au Parlement européen, chaque vote exige que la majorité soit construite, car s’il n’y a pas de consensus, le Parlement ne dit rien et n’amende pas la décision, « ce qui a le don de troubler les moins habitués », précise Olivier Duhamel, député français inscrit au Parti socialiste européen. Interrogé, à l’instar de ces confrères sur le devenir de cette assemblée, il ajoute que, « dans le travail qui prépare ce compromis, les nouveaux venus vont découvrir qu’ils ont un poids et un rôle à jouer, lequel est variable ensuite selon le travail que fait chacun ».

-  En savoir plus : Site du Parlement européen sur les élections européennes (10 au 13 juin 2004)

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