Du 1er janvier au 14 mars 2004, le Ministère délégué aux Affaires européennes et le Parlement Européen des Jeunes-France avaient lancé le Grand Concours de Littérature “Raconte ton Europe” auprès des jeunes de 14 à 25 ans. L’objectif était multiple : faire rêver, laisser parler le talent littéraire des jeunes et dans le même temps, les mobiliser et leur donner l’envie d’imaginer “ leur ” Europe. EuropePlusNet publie les lauréats.
Lauréat de la catégorie "collectif" : Classe de Seconde 8 du Lycée Malherbe de Caen (14)
Sur les terres ancestrales du Vieux Monde,
Sur les villes tissées de palais, d’ universités et de cathédrales,
Sur tous les Empires écroulés,
Sur les champs de bataille oubliés,
Sur le sable des rivages de la liberté,
J’écris ton nom.
Sur sa forme hexagonale,
Sur la force de son mistral,
Sur ses richesses culinaires,
Sur ses Lumières qui nous éclairent,
Sur les plages blanches où tant sont tombés,
J’écris ton nom.
Sur les tours des châteaux rhénans,
Sur la coupole de verre du Reichstag,
Sur les vestiges du Mur abattu,
Sur les symphonies de Beethoven,
Sur ses deux moitiés réunifiées,
J’écris ton nom.
Sur le plat pays qui se perd au loin,
Sur les beffrois ciselés de ses villes,
Sur les moules mises à nu,
Sur ses deux cultures qui cohabitent,
Sur les portes de la Commission,
J’écris ton nom.
Sur les cendres du Vésuve,
Sur ses savants découvreurs de lunes,
Sur la tour de Pise cherchant le ciel,
Sur la pâte dorée de ses pizzas,
Sur la louve bienveillante de la Ville éternelle,
J’écris ton nom.
Sur l’escarpement de son haut rocher,
Sur sa fierté de grand-duché,
Sur la profusion de ses châteaux féodaux,
Sur ses sources d’argent irriguant nos régions,
Sur ses institutions communautaires,
J’écris ton nom.
Sur ses terres gagnées sur la mer,
Sur les champs où fleurissent tulipes et moulins,
Sur son peuple qui pédale avec entrain,
Sur les tableaux de Vermeer,
Sur sa tolérance légendaire,
J’écris ton nom.
Sur cette péninsule bercée entre deux mers,
Sur la dentelle de ses côtes entaillées,
Sur le mystère des pierres runiques,
Sur les jardins de Tivoli,
Sur la petite sirène d’Andersen,
J’écris ton nom.
Sur ses rivages escarpés défiant marées et armées,
Sur ses hautes terres embrumées,
Sur les ailes des grands paquebots du ciel,
Sur les joyaux de sa couronne,
Sur la ténacité de son peuple,
J’écris ton nom.
Sur ses brumes mystérieuses,
Sur les chaudes couleurs de ses maisons,
Sur la liesse des pubs à la Saint-Patrick,
Sur les feuilles vertes du trèfle,
Sur les cordes des harpes celtiques,
J’écris ton nom.
Sur les traces de ses héros mythiques,
Sur le long cortège des Panathénées,
Sur les coques des bateaux du Pirée,
Sur les couronnes d’olivier des athlètes olympiques,
Sur les terres de l’Attique où le citoyen est né,
J’écris ton nom.
Sur le doigt de Christophe Colomb vers l’ouest pointé,
Sur les robes des danseuses de flamenco,
Sur les années de sang de Franco,
Sur les cris de la corrida,
Sur les toiles de Vélasquez ou de Goya,
J’écris ton nom.
Sur ses marins explorateurs de terres,
Sur ses Magellan franchisseurs d’océans,
Sur les romances du fado,
Sur les récits de ses pêcheurs,
Entre ancien et nouveau Monde,
J’écris ton nom.
Sur les pentes de nos peurs,
Sur les traces de ses prestigieuses dynasties,
Sur les sonates de Mozart et sur ses symphonies,
Sur ces valses où dansent nos humeurs,
Sur les poèmes de Rainer Maria Rilke,
J’écris ton nom.
Sur les forêts observant les étoiles,
Sur les jeux de lumière, entre ciel et terre,
Sur le bleu de ses lacs et la neige immaculée de ses hivers,
Sur les aurores boréales,
Sur les promesses de paix d’Helsinki,
J’écris ton nom.
Sur sa couronne gelée,
Sur la proue des drakkars vikings affrontant les mers,
Sur le bleu et l’or de son drapeau,
Sur la croix de son étoile,
Sur la beauté somptueuse des films de Bergman,
J’écris ton nom.
Sur ses ports ouverts aux vents de la Baltique,
Sur ses plaines soumises aux rudes hivers,
Sur les fantômes terribles d’Auschwitz,
Sur les mains levées des enfants du Ghetto,
Sur les chantiers navals de Gdansk et les luttes ouvrières,
J’écris ton nom.
Sur les rêves de pierres de Prague,
Sur les printemps de la liberté qui fleurissent,
Sur les arches du Pont Charles,
Sur la mémoire de Jan Palach,
Sur les mots de Kafka,
J’écris ton nom.
Sur les eaux du Danube et de son port,
Sur le beau nom de Bratislava,
Sur celui, oublié, de Presbourg,
Sur le passé commun de la fédération,
Sur le velours trop rare de la partition,
J’écris ton nom.
Sur le passé de Ljubljana la romaine,
Sur les pas des Habsbourg,
Sur le mont Triglav veillant sur la Save et le Drave,
Sur son étendard aux couleurs du passé slave,
Sur les dix jours de combat pour la liberté,
J’écris ton nom.
Sur les toits de Vilnius voilant l’horizon,
Sur le lit du Niémen fertilisant ses contrées,
Sur le bleu de la Baltique ouvrant les portes de l’Ouest,
Sur les traces soviétiques laissant sa peau tatouée,
Sur la fierté et l’identité retrouvées,
J’écris ton nom.
Sur le golfe de Riga,
Sur le passé hanséatique,
Sur ses nombreux ports enclavés,
Sur une histoire souvent douloureuse,
Sur les trésors de son patrimoine,
J’écris ton nom.
Sur les tours et les remparts de Tallin,
Sur le chapelet des îles de la Baltique,
Sur le ballet des ferries partant pour la Finlande,
Sur le souvenir des chevaliers Teutoniques,
Sur l’indépendance tant de fois reconquise,
J’écris ton nom.
Sur les monts brumeux des Carpates,
Sur les belles villas bordant le lac Balaton,
Sur les deux rives de Buda et de Pest ourlant le Danube,
Sur les pots de paprika, sur les plats de goulasch,
Sur les airs lancinants des violons tziganes,
J’écris ton nom.
Sur son rocher tant de fois convoité,
Sur ses origines phéniciennes et les vestiges mégalithiques,
Sur l’ocre de la forteresse ancrée au milieu des flots bleus,
Sur la blancheur de la croix surgissant du fond rouge,
Sur la foi hospitalière de ses Chevaliers invaincus,
J’écris ton nom.
Sur la ligne verte des querelles monotones,
Sur le partage de cet îlot qui se noie,
Sur le génie des créateurs d’epsilon,
Sur la richesse des possesseurs de Troie,
Sur les retrouvailles à venir des deux Nicosie,
J’écris ton nom.
Sur l’or de tes douze étoiles,
Sur les deux faces de tes pièces et sur les ponts aériens de tes billets,
Sur la coiffe d’Ariane, et jusqu’au cœur des comètes,
Sur les échanges et les rencontres de tous les jours,
Sur la fresque de Fernand Léger,
J’écris ton nom :
EUROPE
E t sur tes frontières que l’on voit s’élargir,
U ne utopie d’hier devient réalité :
R éunir tous tes peuples, trop longtemps divisés,
O uvrir enfin ensemble les voies de l’avenir,
P our que, demain, s’inscrive un beau et nouveau nom :
"E tats-Unis d’Europe" sur la carte du monde.