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Par Stephen Bunard (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
20/05/2004 • 13h38
C’est le nombre de « groupes d’intérêts », autrement appelés groupes de pression ou, par abus de langage, lobbies, accrédités auprès du Parlement européen.

Concrètement, cela signifie que les représentants de ces organisations disposent de badges les autorisant à assister aux réunions et à arpenter les (longs) couloirs du Parlement, souvent à la recherche de l’eurodéputé à alpaguer, qui serait susceptible de faire avancer un dossier. Dans la réalité, on dénombrerait davantage de groupes, jusqu’à 7.000 ou 8.000. Car si beaucoup d’organisations ont intérêt à se manifester officiellement auprès du Parlement, d’autres préfèrent rester tapies et n’être référencées nulle part.

Ethique

« Groupe d’intérêt » : sous le regroupement hétéroclite de cette terminologie, on trouve aussi bien des associations à but non lucratif et des ONG (Organisations non gouvernementales), qui, pour la plupart, oeuvrent pour le bien commun, que des consultants en communication et des experts au service d’industriels, dont le rôle est davantage de favoriser des intérêts privés.

Le « lobbying » est ainsi souvent perçu par les Français dans une acception péjorative, contraire à l’éthique, et propre à alimenter les paranoïas. Pourtant, comme l’indique le député au Palais Bourbon, Jacques Floch, rapporteur il y a quelques jours d’une étude sur « la présence et l’influence de la France dans les institutions européennes », « le lobbying à Bruxelles, qui en est devenue la capitale mondiale, est une activité transparente et encadrée par des règles déontologiques. »

Le chat et la souris

Et les députés européens ne se plaignent d’ailleurs pas toujours d’être harcelés, car, explique Jacques Floch, « [ils] sont souvent à la recherche d’une expertise scientifique lorsqu’ils doivent rapporter sur un texte technique. » Cette « dimension d’accompagnement » fait partie intégrante du travail du lobbyiste. Et pour parvenir à capter l’attention de l’eurodéputé insaisissable, « [le lobbyiste] peut avoir recours à ses assistants parlementaires, aux commissions parlementaires, aux groupes politiques, aux rapporteurs, aux coordinateurs. »... De là à dire qu’il entre par la cheminée, quand on le sort par la fenêtre...

En savoir plus :

Le rapport du député à l’Assemblée nationale, Jacques Floch sur « la présence et l’influence de la France dans les institutions européennes ».

La liste des organisations accéditées au Parlement européen.

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