|
Cultures |
Les Européens |
L’Union en marche |
Vivre l’Europe |
Dossiers |
![]() |
|
|||||
|
![]() Téléchargez l'Édition spéciale 9 mai 2005 - version éditée n°1 Notre newsletter Le chiffre 120.000 Bien euro de le savoir Quels risques énergétiques pour l’UE ? Volapük (directive) Bolkestein Le saviez-vous ? Ils étaient cinq --- Publicité --- Savoir communiquer avec la presse Formation media training Suivre l’actu sur le théatre en France et en Europe Improvisation Paris Découvrez le cours d’improvisation à Paris de RUEDUTHEATRE ! |
|||||
|
Dans la même rubrique
Roumanie : une forte abstention guette les élections européennes Quelle sécurité aux frontières de l’UE27 ? Un salaire minimum en Europe ? CPE : et si l’Europe s’en mêlait ? Entretien "Le Comité des Régions doit apprendre à dire non" Entretien "Il faut accélerer l’adhésion des pays des Balkans" La chronique de la semaine Livre blanc sur la politique de communication européenne : Du beau, du bon, du chemin, encore beaucoup de chemin... La chronique de la semaine Adhésion de la Turquie : un veto de la France ? La chronique de la semaine La Turquie a-t-elle le bon profil... démographique ? Editorial Turquie et Europe : juste pourparler |
Spécial élections du 13 juin Chassez l’Europe par la porte, elle revient par la fenêtre
Par Olivier Costa (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
27/05/2004 • 17h49
Le peu d’empressement des partis européens et nationaux à mettre l’Europe au centre de la campagne pour les élections du 13 juin suscite une réaction inattendue des Europhiles. OlDepuis 1979, il est traditionnellement peu question d’Europe lors des campagnes pour les élections européennes. Trois explications peuvent être avancées. La première est que cette échéance électorale constitue une sorte de référendum sur l’action gouvernementale et s’organise de ce fait autour de questions de politique intérieure. La seconde est que la plupart des partis nationaux sont mal à l’aise sur les questions européennes en raison des divergences qu’elles suscitent en leur sein, de leur refus de reconnaître l’importance de la construction européenne ou encore du piètre bilan de leurs députés européens sortants. La troisième explication est le faible écho donné par les médias aux activités de l’Union et de son parlement, en raison d’un supposé manque d’intérêt des citoyens pour ces thématiques. Aussi, les partis sont-ils peu enclins à débattre d’Europe. A qui la prime électorale ? Les résultats des élections de 1999 ont montré que ce détournement du scrutin est à double tranchant, les électeurs ayant donné une prime aux formations qui « parlaient d’Europe », que ce soit pour en dire du mal ou du bien. En France, cela s’est traduit par les bons scores, d’une part, de la liste Pasqua-Villiers (arrivée nettement en tête du scrutin), du FN, des Chasseurs et de l’extrême gauche, et, d’autre part, de l’UDF. L’actuelle campagne montre que les enjeux politiques nationaux seront à nouveau prédominants, notamment en France. A l’exception du débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Union - qui n’a pas de rapport direct avec le scrutin — il est peu question d’Europe et des activités futures du PE. Les partis européens se détournent de l’Europe... Les deux principales fédérations européennes de partis, le Parti populaire européen (démocrate-chrétien) et le Parti socialiste européen, ont toujours ouvertement déploré cette situation et reproché à leurs adhérents de ne pas jouer le jeu. Mais voici qu’ils semblent se détourner eux aussi des débats européens pour se focaliser sur des enjeux institutionnels. Leur priorité semble être de rallier un maximum de députés à leur bannière, notamment au sein des délégations des nouveaux Etats membres, de manière à jouir du leadership dans la prochaine assemblée. Pour ce faire, ils ont nettement modéré leur discours intégrationniste ; le PPE, jadis chantre de l’Europe fédérale, a même modifié ses statuts pour permettre l’adhésion d’élus ne partageant pas ses options europhiles. Comme la nature, la politique a horreur du vide Cet abandon de la thématique fédérale par le PPE (ndlr, Parti Populaire Européen - conservateur) et le PSE (Parti Socialiste Européen) est une aubaine pour le parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs, qui s’est pourtant toujours montré critique à l’endroit de la construction européenne. Les libéraux essaient de profiter de cette situation pour renforcer leur position au PE (où ils n’étaient que 53 dans l’assemblée sortante) et devenir ainsi un groupe « pivot » incontournable. Depuis le début de la campagne, ils cherchent à s’allier avec les centristes par l’affadissement des positions du PPE et du PSE. Graham Watson, le chef de file des libéraux au PE, a entamé des négociations avec le président de la Commission européenne Romano Prodi, qui dirige la coalition de gauche italienne (l’Olivier), ainsi qu’avec François Bayrou, le patron de l’UDF. D’autres contacts, tenus pour l’heure secrets, sont en cours dans toute l’Europe. Le retour du sempiternel gauche-droite L’éventuelle constitution d’un groupe centriste fort, ouvertement pro-européen, serait une petite révolution au PE. Elle viendrait sanctionner de manière inattendue le refus des partis de la gauche et de la droite modérée d’adopter une ligne cohérente en matière européenne. Paradoxalement, elle pourrait accélérer la "politisation" du PE. L’apparition d’un groupe ouvertement fédéraliste, mais minoritaire, est de nature à décharger le PPE et le PSE de leur rôle de promoteurs systématiques de l’intégration européenne, et à atténuer les tensions entre pro et anti-européens en leur sein. Ceci pourrait accentuer la polarisation partisane de l’assemblée, affaiblir le clivage entre partisan et opposants à l’intégration européenne au profit d’un clivage classique entre gauche et droite. Olivier Costa est chercheur CNRS au CERVL - Pouvoir, Action publique, Territoire (Institut d’études politiques de Bordeaux). Il est Professeur au Collège d’Europe à Bruges et à l’Université Libre de Bruxelles, et enseigne en master à l’Institut d’études politiques de Bordeaux.
Les mots clés de l'article |
|||||