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24 heures avec
Une candidate en campagne
11/06/2004 • 00h00
La campagne européenne ne bat pas son plein. Et pourtant, ils sont quelques uns à arpenter le pavé et l’électeur. Que fait un candidat à l’eurodéputation en campagne ? Quelles sont ses préoccupations, comment défend-il les intérêts de ses électeurs, comment parle-t-il de l’Europe ? Vous vous posez la question... Nous avons suivi pour vous Frédérique Ries, secrétaire d’Etat belge aux affaires européennes et étrangères, pendant une journée. Au programme : politique, rencontres et kilomètres. L’Europe... un peu moins !

Par Clémentine Forissier et Virginie Rorive

6h30 : première étape incontournable, la distribution de tracts. L’équipe de Frédérique Ries, porte parole, chauffeur et collaborateur est répartie dans deux voitures, une Smart à l’effigie de notre candidate libérale et une Mercedes. En route vers la gare de Namur. La campagne pour les élections régionales n’étant jamais bien loin, la distribution de tract se fait en binôme avec l’équipe de Denis Mathen, (JPEG) 3ème échevin (équivalent d’adjoint au maire) de la ville de Namur (les élections régionales ont lieu le même jour que les élections européennes en Belgique. Beaucoup de compétences étant régionalisées, l’enjeu est de taille). Nous sommes en bas de l’escalator, Frédérique Ries vole la vedette à l’échevin. Nombreux sont les curieux qui veulent voir de plus près l’ancienne présentatrice du journal télévisé. Des encouragements aux jeunes en examen, du réconfort pour les veilles dames, chacun a son petit mot et son tract en main, avec un autographe bien sûr. Mais d’Europe, il n’en est toujours point question.

8h00 : "Et vous pensez que la constitution va bientôt aboutir ? " Tiens, ça parle Europe par ici. On avait presque oublié qu’on était là pour ça. Un étudiant vient d’engager la discussion autour des grandes décisions européennes à prendre avant les vacances. Première fois depuis le début de la journée, Frédérique Ries est vraiment dans son rôle de candidate aux élections européennes. "J’aime bien discuter comme ça de l’Europe, ça me fait vraiment plaisir, ça n’arrive qu’une fois sur dix" nous confie-t-elle. On avait remarqué... Une militante écolo arrive pour "tracter" à son tour. L’heure de pointe est passée. Nous plions bagage, après avoir ramassé les tracts qui jonchent la voie publique.

10h00 : un café et 70 kilomètres plus tard, nous voici au bowling de Fléron (près de Liège). Avec ses 80% de militants de la section de liège du MR (parti du (JPEG) Mouvement Réformateur), et ses 20% de curieux, cette rencontre citoyenne avec les retraités a plutôt des allures de meeting régional. Aménagement des routes, enseignement, emploi, les citoyens présents ne font pas vraiment la différence ente un candidat aux élections régionales ou européennes. Un directeur d’entreprise aborde Frédérique Ries à propos d’une interdiction de distribution d’un produit chimique. L’occasion pour la candidate de reprendre sa casquette d’ancien député européen pour expliquer les raisons de cette décision prise au niveau européen.

12h30 : Le téléphone portable du collaborateur de Frédérique Ries, le même qui figure sur les tracts électoraux, sonne :
-  « Bonjour, je téléphone bien à Frédérique Ries »
-  « Oui, c’est son collaborateur »
-  « Je voulais vous dire que j’avais bien reçu le tract à la gare de Namur ce matin, et que je voterai bien pour elle ».
-  « Merci pour elle » Le bain foule de ce matin a fait effet. La personne au bout du fil a-t-elle compris qu’il s’agissait d’un tract pour les élections européennes ? Rien n’est moins sûr. Comme quoi une notoriété acquise en dehors de la sphère politique n’est jamais perdue en campagne électorale.

(JPEG) 15h : Après une rencontre avec les commerçants de Fléron, une demi heure de route en pleine campagne à cause d’un GPS capricieux, une apparition furtive dans une entreprise liégeoise et un déjeuner « de presse » avec des militants, direction l’ISPC, sorte de grands supermarché grossiste pour les restaurateurs. Au programme visite guidée des rayons avec les magasiniers, séance « Poncho » dans une chambre froide où sont conservés viandes et poissons, et arrêt prolongé au rayon bougies. Quant aux enjeux européens, ils semblent avoir été laissés à l’entrée du magasin.

19h30 : Retour à Bruxelles, la candidate reprend sa casquette de secrétaire d’Etat aux affaires européennes, pour un cocktail avec des militants. A l’heure du journal télévisé, l’ancienne journaliste fait son premier discours de la journée...sur l’Europe. (JPEG)

-  Le parcours de Frédérique Ries :

Avant d’être femme politique, Frédérique Ries avait déjà une grande notoriété cathodique. Durant dix ans, elle a présenté le journal télévisé de la chaîne privée RTL-TVI, le plus regardé en Belgique francophone. Après une décennie passée au service du petit écran, elle a du dire au revoir aux téléspectateurs...poussée vers la porte de sortie par les dirigeants de la chaîne. Pour cause de jeunisme ? Certains la voyait déjà reprendre du service à la RTBF, les concurrents de RTL...mais une autre destinée l’attendait. Licenciée à quelques mois d’échéances électorale, elle est recrutée par Louis Michel, alors chef de file des libéraux francophones, qui, au sein de son parti, lui offrit une belle place sur sa liste pour les européennes. Les téléspectateurs se sont mués en électeurs. Tandis que Louis Michel devient Ministre des Affaires étrangères, Frédérique Ries s’en va au Parlement européen. Clap, fin de la première partie ! Après cinq ans dans les travées du Parlement européen, Frédérique Ries est revenue sur le devant de la scène en février dernier. A la suite d’un remaniement ministériel, Louis Michel en fait sa secrétaire d’État aux Affaires européennes et étrangères. L’ex-journaliste retrouve ainsi les caméras de télévision et les micros, à la différence près que, maintenant, c’est elle qui répond aux questions... Le parti de Frédérique Ries, le Mouvement Réformateur, comme la plupart des partis belges est un parti pro-européen. Il a en effet fait valoir l’intérêt européen par rapport à l’intérêt national. Il demande un président de la Commission européenne élu par les citoyens et un Parlement aux pouvoirs encore davantage renforcés.

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