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Ljudmila, artiste hi-tech ou beauté slovène ?
Par Grégory Gendre (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
3/06/2004 • 00h00
Connaissez-vous Ljudmila ? Une jolie Slovène dans Ljubljana, la ville des amoureux ? En fait, le nom d’un collectif branché hi-tech. La Slovénie souhaite devenir une tête de pont incontournable pour le développement du Web dans les Balkans et derrière le discours officiel, artistes, intellectuels et militants regroupés au sein du laboratoire Ljudmila oeuvrent pour un « autre » Internet moins mercantile, plus créatif et citoyen.


-  Ljudmila, artiste hi-tech ou beauté slovène ?
-  Mémo : la Slovénie, l’autre pays du hi-tech
-  Nos liens pour en savoir plus

S’engouffrer dans la culture

L’intrusion des nouvelles technologies (NTIC) dans la vie slovène ne s’exprime pas seulement dans le domaine bancaire ou via les programmes gouvernementaux (lire mémo). Les artistes et les acteurs culturels de la scène nationale se sont engouffrés dans ce segment dès le milieu des années quatre-vingt-dix. « Le Ljubljana Digital Media Lab a été fondé en 1994 par un groupe d’artistes travaillant dans les nouvelles technologies et originaires de la capitale., rappelle Spela Kucan, coordinatrice du projet. « L’idée était alors de réunir des compétences et des expériences autour d’un support neuf et innovant ouvrant de nouvelles opportunités de créations. »

Dix ans après, le laboratoire rebaptisé depuis Ljudmila, compte 250 organisations membres, allant de l’antenne nationale d’Amnesty International à l’ONG MediaWatch, spécialisée sur le monitoring des médias slovènes en passant par le centre culturel alternatif Metelkova ou l’association A. Network regroupant différents centres de recherche dédiés à la culture digitale dans les pays voisins. Point commun entre ces différentes organisations : l’envie de créer et, surtout, de se réapproprier Internet pour développer et déployer de nouvelles pratiques et de nouveaux usages.

Un laboratoire d’idées sociologiquement engagé

Depuis sa mise en place et au fil de son histoire, ce laboratoire d’idées s’est ainsi positionné comme un centre de ressources, offrant l’infrastructure nécessaire à la mise en place de travaux et de réflexions liés aux usages des NTIC dans les domaines artistiques et culturels, mais également sociaux et militants activistes. « Nous nous présentons clairement comme une communauté d’avant-garde travaillant de manière diverse le médium numérique en général et Internet en particulier. Les travaux de la société civile, des ONG et des artisans du logiciel libre se rejoignent naturellement et nous représentons ce carrefour », analyse Spela Kucan. « Notre laboratoire digital promeut ainsi la création digitale qu’il s’agissent de contenus écrits, audio ou vidéo,d’accès à Internet, de la mise en place d’infrastructures techniques, du développement d’outils de publications en ligne et de la création de réseaux avec nos partenaires régionaux. »

Le laboratoire a ainsi proposé le premier point public d’accès à Internet aux utilisateurs dès la fin des années 90 tout en éditant la revue critique « Very Cyber, Indeed ». 2002 a vu, par exemple, la création de la plate-forme communautaire « Ops !Comuna » réalisée sous le modèle de l’open source permettant la mise en place d’une radio associative engagée. Profitant de la liberté de création que propose le support, artistes et acteurs culturels veulent profiter de cette fenêtre pour se faire entendre au niveau national mais également au-delà des frontières, nouvelles, de l’UE. Coincés entre leur histoire récente et l’élargissement européen, les pays de l’ex-Yougoslavie vivent une période de transition propice à la création artistique. Ce besoin et cette nécessité de créer trouvent donc naturellement dans ... Internet un support permettant, dans un contexte économique difficile, d’échanger et, surtout, de rejoindre une communauté de valeur trans-européenne.

-  Mémo :

La Slovénie, l’autre pays du hi-tech

A l’image de sa lointaine cousine estonienne, la Slovénie fait également figure de modèle en termes de nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Avec, en septembre 2003, 11 sites Internet pour 1000 habitants, le pays devance statistiquement le Portugal, la Grèce, la Pologne et la Hongrie. Et si 800.000 Slovènes étaient connectés en 2003 contre 600.000 un an auparavant (soit 30 % de la population), la majorité des entreprises sont aujourd’hui reliées au Réseau. Toujours majoritairement étatique, l’accès à Internet est assuré par l’opérateur national Telekom Slovenije dont la filiale SIOL compte 86.000 abonnés. Le gouvernement a décidé la création de POP (Point Of Presence) dans les pays voisins, dont la Croatie, afin de renforcer son image de leader dans le domaine auprès de ses voisins balkaniques. Preuve de sa maturité dans le domaine, le pays compte environ 50.000 utilisateurs mensuels de services d’e-banking.

-  En savoir plus :

Le laboratoire Ljudmila (accès en anglais)

Travailler avec les Slovènes.

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