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La hausse de l’euro coûte cher
Par Nicolas-Jean Brehon (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
17/06/2004 • 10h49
La hausse de l’euro pénalise les exportations européennes. Pour comprendre le mécanisme. Oui, la hausse de l’euro pénalise les exportations européennes. Quand celles-ci sont déjà plus chères que les produits comparables hors d’Europe, le handicap devient alors quasi insurmontable. A moins d’être compensé par des subventions qui permettent de ramener les exportations européennes au prix des concurrents. Un tel mécanisme existe au profit des exportations agricoles européennes, subventionnées par le budget communautaire sous l’appellation de « restitutions ». Naturellement, plus le différentiel prix européen/prix mondial est élevé, et plus ces compensations sont sollicitées. C’est ce qui se produit avec la hausse de l’euro. Le mécanisme est simple. Les restitutions sont versées aux exportateurs de produits agricoles pour compenser l’écart entre le prix communautaire, en général plus élevé que le prix mondial, et ce dernier. Quand le marché mondial est à 100 (euros/dollars) et que le produit européen est à 110, l’exportateur reçoit une restitution de 10 qui lui permet de vendre à l’extérieur de l’Union européenne. Le mécanisme se complique avec la prise en compte des facteurs monétaires. Le négoce international est en dollars, alors que le prix communautaire est en euros. Ainsi, l’écart avec le prix mondial en dollars peut changer du seul fait des variations de parité. Avec une hausse de 10% de l’euro par rapport au dollar, le prix en dollars du produit européen passe à 121 (110 plus 10%), et l’exportation devient alors impossible sans augmentation de la restitution. La situation est plutôt embarrassante pour la Commission. Les restitutions sont extrêmement critiquées par nos compétiteurs et sont au centre des négociations commerciales internationales. Or, toute hausse de l’euro conduit la Commission à augmenter les subventions... Une augmentation de 1 centime d’euro par rapport au dollar entraîne une augmentation des restitutions de 25 millions d’euros. Une augmentation de l’euro de 10% se traduit donc par un surcoût de 250 millions d’euros. Nicolas-Jean BREHON est spécialiste en finances communautaires. Il enseigne les finances publiques à Paris I Sorbonne et chronique régulièrement pour ’Le Monde de l’économie’
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