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Pas de fumées sans failles
Par Ann Vaessen (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
17/06/2004 • 00h00
Allergies, maladies respiratoires, cancers... Les effets de la pollution sur notre santé sont sans cesse plus alarmants. Premières victimes de cette relation complexe entre l’environnement et la santé : les enfants. C’est ce qu’a mis en lumière la "semaine verte" début juin, organisée dans toute l’Europe.
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La Commission européenne avait lancé la stratégie pour l’environnement et la santé (SCALE) en juin de l’année dernière. Un an après, le 9 juin dernier, elle présente un plan d’action pour lutter contre les effets de la pollution sur notre santé. « Les enfants, de la pré-conception à l’adolescence, sont particulièrement vulnérables », explique le Dr. Roberto Bertollini, directeur de la division de soutien technique à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Pourtant, les normes de sécurité continuent à ne pas être adaptées à eux. » Pendant un an, des groupes d’experts et de médecins se sont penchés sur la relation entre la pollution de l’air, le bruit, les produits chimiques, les champs électromagnétiques et certaines maladies de plus en plus fréquentes. Fruit de ce travail, le plan d’action prévoit de mettre en place un système à l’échelle de l’Union européenne afin de regrouper les informations sur l’état de l’environnement, l’écosystème et la santé. 13 actions « Nous pouvons individuellement effectuer certains choix de modes de vie qui ont une incidence sur notre santé », explique Margot Wallström, Commissaire européen pour l’Environnement. « Mais nous ne pouvons pas choisir la qualité de l’air que nous respirons, ni éviter totalement d’être exposés à certaines substances polluantes susceptibles de s’accumuler dans notre organisme, parfois dès avant la naissance. Les citoyens européens attendent des actions de la part de leurs dirigeants. » Parmi celles-ci, des activités de recherche, sur l’asthme et les allergies, les troubles neurologiques du développement, les cancers et les perturbations du système endocrinien. Mais le plan d’action prévoit aussi des actions de sensibilisation aux risques encourus par les citoyens, ainsi que la formation de spécialistes de l’environnement et de la santé. Enfin, il examine la possibilité d’instaurer une bio-surveillance à l’échelle de l’UE, en mettant en place un contrôle d’échantillons de sang, d’urine ou de cheveux afin de mesurer l’exposition aux polluants présents dans l’environnement. Le principe de précaution Selon l’OMS, le nombre d’asthmatiques a augmenté de 200% entre 1970 et 1990. Même si les causes exactes des maladies respiratoires ne sont pas encore toutes connues avec certitude, certains facteurs ont pu être associés à ces maladies, tels que la fumée de cigarettes, bien sûr, mais aussi le mode de vie et l’alimentation. Le fait que nous passions bien souvent 90% de notre temps à l’intérieur contribue considérablement aux maladies respiratoires, tout comme la présence de certaines substances dans l’air ambiant. « Les décisions portant sur la santé publique doivent être prises avant que nous n’ayons pu déterminer une causalité absolue », explique David Gee, un des porte-paroles de l’Agence Européenne pour l’Environnement. « Si nous attendons de trouver toutes les preuves, il sera trop tard. » En effet, dans les années 70, nul n’aurait été en mesure de prédire que les ‘chlorofluorocarbures’ (CFCs) sont nuisibles à la couche d’ozone ou que l’amiante provoque le cancer. Gee défend le ‘principe de précaution’ bec et ongles, arguant que la société civile a déjà commencé à minimiser les risques. Malgré ses avertissements, le plan d’action publié le 9 juin ne propose aucune mesure légale en la matière. « Je comprends que les industries prennent des précautions », explique Prudencio Perera, directeur de la qualité de l’environnement et des ressources naturelles à la Commission européenne. « Mais, pour faire une proposition, il faut tellement de justifications que j’ai bien peur que le principe de précaution ne fonctionne jamais. Il faut bien plus de preuves. » De leur côté, les ONGs s’interrogent sur la signification de la lettre ‘L’ dans SCALE. « Le ‘L’ ne vient-il pas du mot ‘légal’ », s’interroge Marie Kranendonck, responsable de ‘Women in Europe for a Common Future.’ « Il ne suffit pas de parler et de faire de la recherche. Il y a déjà assez de preuves. Nous avons besoin d’instruments légaux ! » Le plan d’action de la Commission sera présenté lors de la quatrième conférence sur l’environnement et la santé organisée sous l’égide de l’OMS du 23 au 25 juin à Budapest et consacrée au futur de nos enfants.
Les effets de l’environnement sur la santé sont significatifs. Selon de récentes estimations, environ 25 à 33% des maladies de cette planète sont liées à des facteurs environnementaux. Dans les pays industrialisés, ce chiffre atteint 15%. Un sixième de la mortalité infantile peut être attribuée à des facteurs environnementaux. En France, on estime de 6.000 à 9.000 le nombre de personnes qui meurent prématurément en raison de la pollution de l’air.
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