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Les partis politiques européens
Par Audrey Gueudet (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
17/06/2004 • 00h00
Quand on navigue sur les pages internet du Parlement européen (PE), on découvre avec surprise que le parti pour lequel on avait voté lors des dernières élections n’est pas représenté au PE ! Petite mise au point pour comprendre le pourquoi du comment.

Le grand méli-mélo

Voici la clé de l’énigme : dès leur élection, les nouveaux députés européens sont invités à se regrouper, non pas par nationalité mais par affinité politique au sein d’un « groupe politique européen ». Plus de 100 partis issus de tous les États membres sont représentés au Parlement européen et étaient regroupés, jusqu’en juin 2004, en sept groupes politiques européens :

-  le PPE-DE (Parti populaire européen et des démocrates européens) regroupe les eurodéputés des partis démocrates-chrétiens et conservateurs ; en France, on y trouvait l’UMP et l’UDF. Bayrou, Prodi et d’autres sont sur le point de constituer un « pôle démocrate » et se rapprochent des libéraux de ELDR pour former un nouveau groupe, se libérant du glissement eurosceptique du PPE, qu’ils dénoncent.

-  le PSE (Parti des socialistes européens) regroupe les eurodéputés socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes ; la lisibilité n’est pas toujours claire entre les différents types de socialisme européen.

-  l’ELDR (Parti européen des libéraux-démocrates et réformateurs) regroupe quant à lui les libéraux sous la conduite du bouillonnant Graham Watson.

-  le GUE/NGL (Groupe confédéral de la gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique) regroupe les parlementaires européens des partis communistes et d’extrême gauche et certains socialistes qui ne se reconnaissent plus dans le PSE.

-  l’UEN (Union pour l’Europe des nations) regroupe principalement des souverainistes à tendance eurosceptique voire europhobe ; Charles Pasqua y siégeait.

-  les Verts/ALE (Groupe des Verts/ Alliance européenne libre) regroupe les eurodéputés écologistes et régionalistes ;

-  l’EDD (Groupe pour une Europe des démocraties et des différences) regroupe lui aussi les eurodéputés souverainistes, pas forcément anti-européens ;

-  enfin, les eurodéputés qui décident de ne se rattacher à aucun groupe prennent l’étiquette de « non inscrits ». C’est le cas par exemple des parlementaires français Front national. Mais avec le renfort des populistes, issus notamment de certains des dix nouveaux pays et de certains des ex-Quinze (ex : Grande-Bretagne...), ils seraient en mesure de constituer un groupe au fort pouvoir de nuisance. Les groupes politiques du Parlement européen traduisent les orientations des partis nationaux qui les composent. Chaque groupe politique est doté d’un président, d’un bureau et d’un secrétariat.

Avant le vote en séance plénière, les groupes examinent les rapports des commissions parlementaires en fonction de leur orientation politique et déposent des amendements. Ils ont également un rôle majeur dans la fixation de l’ordre du jour des séances plénières ainsi que dans le choix des débats dits d’actualité.

Les jeux sont faits...rien ne va plus !

Entre le 10 et le 13 juin 2004, 338 millions d’électeurs issus des 25 États membres de l’Union ont été appelés à se rendre aux urnes pour désigner leurs représentants pour les cinq années au sein du Parlement européen. Les 732 élus du premier Parlement élargi n’auront guère le temps de se remettre de leur campagne. Dès cette semaine, les grandes manœuvres pour constituer les groupes vont commencer. Chaque famille politique va essayer d’attirer à elle un maximum d’eurodéputés. Le 20 juillet, c’est la session constitutive des groupes au Parlement européen, on connaîtra aussi le nom du nouveau président du PE : l’Irlandais Pat Cox se succédera-t-il à lui même ?

Selon les dernières estimations, le Parti populaire européen demeurerait le principal groupe politique avec quelques 269 sièges. Le Groupe socialiste demeurerait le deuxième « bloc » avec 201 sièges, soit 21 eurodéputés supplémentaires. Le Parti européen des libéraux-démocrates et réformateurs est passé de 50 à 66 sièges, tandis que les Verst/ALE sont sortis perdants, le nombre d’environnementalistes ayant chuté de 48 à 42 sièges. Les groupes eurosceptiques et les partis d’extrême droite ont connu une ascension fulgurante, passant de 27 à 69 sièges. Près de 100 à 120, si l’on mélange eurosceptiques de toutes tendances et populistes au discours anti-européen.

Groupe ou parti ?

C’est là que les choses se compliquent... Jusqu’à l’entrée en vigueur en février 2004 d’un règlement sur le statut et le financement des partis politiques européens, un groupe politique européen n’était pas forcément un parti politique européen ! Depuis lors, pour être « européen », un groupe politique doit être plurinational et être composé d’un minimum de 16 députés issus d’au moins un cinquième des Etats membres.

Ce règlement pose ainsi les conditions d’une véritable implantation transnationale. Peut-être verrons-nous un jour un Parti européen présenter des candidats dans plusieurs pays de l’Union et des élus du PPE ou du PSE... siéger à l’Assemblée nationale ou au Bundestag ?

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