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Les Pays-Bas prennent la tête de l’Euro... pe !
Par Alix Masson (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
1er/07/2004 • 12h56
Battus hier en demi-finale de l’Euro 2004 par les Portugais, les Néerlandais auraient pourtant des raisons de claironner : ils prennent la présidence tournante de l’Union européenne aujourd’hui. Mais l’ampleur des tâches qui les attendent pourrait vite les faire déchanter...
Vendre aux peuples européens la Consitution... et rendre l’Europe ’sexy’ ? La présidence irlandaise a obtenu aux forceps l’accouchement d’une Constitution pour l’Union. Que change-t-elle concrètement pour le citoyen ?. Que vaut-elle et comment inciter les peuples à la mieux connaître ? Telles seront les gageures des Néerlandais, qui ont déjà choisi de la soumettre à referendum dans leur pays avant la fin de l’année. Par ailleurs, une réunion des 27 pays concernés (les 25 plus la Roumanie et la Bulgarie) se tiendra le 5 octobre prochain sur le thème de la communication de l’Europe. Les ministres réfléchiront au faible enthousiasme des citoyens européens, notamment au vu de la très faible participation aux élections européennes. Ce programme sur “la communication de l’Europe”, lancé par la présidence irlandaise, devra notamment préparer les opinions publiques en vue des referendum sur la Constitution européenne. Véritable ligne de mire. Résoudre le "casse-tête de turc" La Turquie est-elle bienvenue en Europe ?. Oui, selon la présidence néerlandaise. Les Pays-Bas ont toujours souligné l’importance des critères
Bernard Bot, MAE des Pays-Bas et Jan-Peter Balkenende, Premier ministre des PB et nouvel homme fort de l’Union © CE
politiques ; dès que la Turquie aura rempli les critères de Copenhague, relatifs à l’élargissement, l’Union sera prête à ouvrir les négociations, sans, a priori, tenir compte du débat ouvert en Europe à ce sujet. C’est le 17 décembre que l’Union décidera de l’opportunité d’engager sérieusement le gouvernement d’Ankara sur la voie de l’intégration européenne. Ancien ambassadeur des Pays-Bas en Turquie, Bernard Bot, ministre néerlandais des affaires étrangères, est connu comme y étant favorable à l’horizon 2015. S’agissant des autres pays de l’élargissement, la confiance règne quant à l’adhésion de la Roumanie, sept chapitres sont encore en négociation. Il s’agira aussi de boucler les négociations avec la Bulgarie en décembre 2004 et de préparer pour début 2005 l’ouverture de celles qui concerne la Croatie, admise récemment au statut de candidat. Apprendre à fonctionner à 25 et avec de nouvelles têtes Bien faire tourner le moteur, voire en trouver un, sera peut-être la plus importante tâche des Néerlandais. A savoir intégrer politiquement les nouveaux pays de l’élargissement, en veillant au respect de la parole des « petits » sans courroucer les « grands », notamment l’axe franco-allemand ; et mettre en place les bonnes conditions de travail avec un nouveau Parlement, dont les équilibres, (ndlr, les groupes et les orientations de chacun d’eux) et le président seront connus le 20 juillet, et une nouvelle commission qui a vu l’arrivée du portugais Barroso, successeur de l’italien Prodi. S’agissant des dossiers concrets, la présidence néerlandaise doit, pour le bon déroulement du calendrier, dégager des directives et des principes pour les négociations des prochaines perspectives financières de l’UE (2007-2013). Elle va attendre les propositions législatives de la Commission. La présidence ouvrira alors les négociations avec les États membres. On peut compter sur les Pays-Bas pour une position ferme dans les négociations, à savoir limiter le budget européen à 1% du revenu national brut européen. Asseoir le modèle de croissance de l’Europe Devant les journalistes, à la veille du début de sa présidence, le Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, a clairement montré le type de politique qu’il souhaitait mener et surtout ses orientations : "Il n’est pas raisonnable de tergiverser pour assouplir le marché européen du travail : cela ne fait que ralentir la croissance et conduire à la perte d’emplois." La présidence entend entreprendre une simplification et une réduction des charges administratives pour les entrepreneurs . Le nouveau patron de l’Union a rappelé que le groupe dirigé par Wim Kock rendra ses conclusions en novembre, sur la relance du processus de Lisbonne. Sur d’autres aspects liés à l’économie, la réforme de la directive-cadre sur les services devrait être remise sur le métier. Les Pays-Bas estiment en effet que ce secteur est en retard en termes d’intégration européenne. Fortement tournée vers le tertiaire, l’économie néerlandaise aurait tout à gagner d’une meilleure mobilité des services. Egalement en ligne de mire : la politique agricole commune, dont l’agriculture néerlandaise, essentiellement tournée vers la culture en serre ne bénéficie pratiquement pas. Accentuer les actions en matière de Justice et Affaires intérieures Le Conseil européen du 5 novembre prochain fera le bilan des cinq ans de l’agenda de Tampere (ndlr, sur le développement d’une politique commune en matière d’immigration et d’asile), sur la base du rapport d’évaluation de la Commission européenne. Les Néerlandais ont souligné la nécessité de combattre le terrorisme et d’assurer la coopération entre services de renseignements. Etre en éveil sur le réveil de l’Asie Dans le domaine des relations extérieures, Bernard Bot a insisté sur la priorité donnée à l’Asie et sur la nécessité de pacifier les relations avec les pays de l’ASEM (Forum Europe-Asie), suite à l’annulation de plusieurs réunions ministérielles au sujet de la Birmanie.
« Harry Potter » à la présidence de l’Union européenne Né le 7 mai 1956 à Kapelle (Zélande) d’un père céréalier et d’une mère calviniste, Jan Peter Balkenende peut s’enorgueillir d’un beau parcours universitaire. Diplômé d’histoire sociale, d’histoire de l’économie de l’université libre d’Amsterdam, où il enseigna, il est également docteur en droit. Cet homme, que la presse anglo-saxonne a volontiers comparé à Harry Potter lors de son arrivée au pouvoir en 2002 a fait une carrière éclair au sein du parti chrétien-démocrate. A seulement 48 ans, il fait figure de l’homme qui a donné un nouvel élan de jeunesse à son parti. Lors des élections législatives du 15 mai 2002, le paysage politique néerlandais entre dans une période de turbulence. La coalition sociale-démocrate qui dirige le pays depuis huit ans vient de subir une lourde défaite. De plus, une formation d’extrême droite, la liste Pim Fortuyn, dont le leader politique est assassiné une semaine avant le scrutin, fait son entrée dans la coalition gouvernementale au côté des chrétiens démocrates. C’est Jan-Peter Balkenende, fraîchement élu à la présidence du CDA (Appel chrétien-démocrate) quelques mois auparavant, qui prend les rênes du gouvernement. On fustige alors son manque d’expérience politique et une forme de rigidité qui semble caractériser ce personnage épris de stabilité. Cette première expérience à la tête de l’exécutif sera brève. Son gouvernement, formé le 22 juillet, ne durera que quatre-vingt-sept jours, en raison des fortes dissensions qui éclatent au sein de la coalition, en particulier, entre les membres de la liste Fortuyn. Une situation qui conduit à la démission du gouvernement et à la convocation d’élections législatives anticipées qui se dérouleront dans un climat politique assaini. Bien qu’un temps accusé de n’être pas parvenu à faire régner l’ordre au sein de sa majorité, Balkenende est dès lors définitivement propulsé à l’avant de la scène politique néerlandaise.
Les hommes clés de la présidence néerlandaise : Jan Peter Balkenende, premier ministre des Pays-Bas, Bernard Bot, ministre néerlandais des Affaires étrangères, Atzo Nicolaï, Ministre chargé des Affaires européennes. Le site de la présidence néerlandaise. Les priorités de la présidence (en anglais). Le site de l’ambassade des Pays-Bas.
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