|
Cultures |
Les Européens |
L’Union en marche |
Vivre l’Europe |
Dossiers |
![]() |
|
|||||
|
![]() Téléchargez l'Édition spéciale 9 mai 2005 - version éditée n°1 Notre newsletter Le chiffre 120.000 Bien euro de le savoir Quels risques énergétiques pour l’UE ? Volapük (directive) Bolkestein Le saviez-vous ? Ils étaient cinq --- Publicité --- Savoir communiquer avec la presse Formation media training Suivre l’actu sur le théatre en France et en Europe Improvisation Paris Découvrez le cours d’improvisation à Paris de RUEDUTHEATRE ! |
|||||
|
Dans la même rubrique
Roumanie : une forte abstention guette les élections européennes Quelle sécurité aux frontières de l’UE27 ? Un salaire minimum en Europe ? CPE : et si l’Europe s’en mêlait ? Entretien "Le Comité des Régions doit apprendre à dire non" Entretien "Il faut accélerer l’adhésion des pays des Balkans" La chronique de la semaine Livre blanc sur la politique de communication européenne : Du beau, du bon, du chemin, encore beaucoup de chemin... La chronique de la semaine Adhésion de la Turquie : un veto de la France ? La chronique de la semaine La Turquie a-t-elle le bon profil... démographique ? Editorial Turquie et Europe : juste pourparler |
Correspondances Les Anglais peuvent-ils se passer de l’Europe ?
Par Stephen Bunard (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
16/09/2004 • 15h59
On le sait : les Anglais et l’Europe, ça fait deux ! Entre un Parlement européen noyauté depuis juillet par un contingent d’eurosceptiques résolus, les empoignades cette année avec Tony Blair sur la Constitution et l’allégeance récurrente aux Etats-Unis, voila ravivée à la longue la question de la place de la Grande-Bretagne dans l’Europe. L’Europe n’est pas une secte, la Constitution prévoit même une clause de sortie pour les États qui le désirent. Alors, les Anglais ont-ils intérêt à en sortir ? Les Anglais peuvent-ils se passer de l’Europe ? Ce qu’en pensent John Lichfield, correspondant en France du quotidien pro-européen « The Independant » et Jacques Leruez , directeur de recherche au CNRS, chercheur associé au CERI, spécialiste de la Grande-Bretagne. John Lichfield : « Ce ne serait pas un choc de sortir de l’Union. » « Même si l’on a conscience en Grande-Bretagne que le futur est européen, le scepticisme progresse sur le terrain. Les partis conservateurs sont eux-mêmes effrayés des résultats du parti UKIP. Comme un petit garçon qui en jouant avec des allumettes aurait mis le feu à la maison. Cette vague d’euro-négativité existe depuis déjà deux ou trois ans, surtout dans la presse populaire, hystérique sur le sujet. Une grande partie de la population est gagnée et imagine sérieusement que l’Europe puisse exister sans la Grande-Bretagne. Et surtout, l’inverse ! C’est une option avancée par exemple par le ‘Sunday Times’. Ce sentiment n’est pas uniformément répandu dans le pays. Dans le sud-est, à Londres, dans les parties riches du pays, on est plutôt europhiles, tandis qu’à Manchester, en Ecosse, au Pays de Galles, ce n’est guère le cas. Alors, je pense que Tony Blair aurait plus d’intérêt à poser cette question aux Anglais : ‘Voulez-vous sortir de l’Europe ou y rester ?’ que celle qui va porter sur le referendum. C’est à mon sens irréaliste mais possible que les Anglais approuvent cette idée. D’ailleurs, on ne peut pas vraiment dire que ce serait un choc réel que de sortir de l’Union. Ne pas avoir accepté l’euro n’a pas particulièrement affecté l’économie britannique aux yeux de l’opinion. Les situations de la Suisse et de la Norvège sont souvent citées dans la presse britannique, pour laquelle l’AELE présente des avantages, sans avoir les soucis du reste du club. Certes, la comparaison est un peu méchante, mais il y a eu un précédent. Le Groenland, qui appartenait au Danemark, est sorti de la Communauté lorsqu’il a pris son indépendance parce qu’il ne voulait pas partager avec l’Europe les eaux de pêche ! La Grande-Bretagne a ce côté frondeur. Mais depuis la guerre en Irak et la perte de souveraineté avec les Américains, l’Europe fait quelque chose d’elle-même, sans être le messager de Bush. Et la Grande-Bretagne doit trouver sa place entre les deux. (...) Quand on regarde comment a été traité l’anniversaire du débarquement dans la presse britannique, à la différence du reste de la presse européenne, on réalise que c’est pour les Anglais une occasion de revivre le passé quand la Grande-Bretagne était seule contre tous. La presse a été effectivement très opposée à la présence du chancelier allemand à cette commémoration. Pour elle, le temps s’est arrêté en 1945 avec cette permanente obsession d’un passé glorieux, un peu comme la France, plutôt que de voir une opportunité pour faire une Grande-Bretagne forte au sein d’une Europe forte. » Jacques Leruez : « La Grande-Bretagne a réussi grâce au marché commun. » « Cela ne me paraît pas vraisemblable à court terme. Dans les dix ans qui viennent, de fil en aiguille, je ne dis pas...Mais cela ne sera pas brutal. Pour l’instant, on ne sait même pas si le referendum sur la Constitution aura réellement lieu. Son choix est tactique. Tout dépend de la situation après les élections générales. Si Tony Blair les gagne, prendra-t-il le risque d’une consultation hasardeuse ? Rappelons-nous qu’en 1975, trois mois avant le referendum sur l’entrée dans l’Union, le ‘non’ l’emportait et la tendance s’est retournée subitement. Voilà qui fait peser aussi des incertitudes sur la volatilité de l’électorat. (...) Le cœur du problème, c’est que les gouvernements anglais n’ont jamais eu à l’égard de l’Europe une ligne claire. Et puis, en Grande-Bretagne, on suit l’opinion, plutôt que de la former, c’est le drame de la démocratie britannique. Les médias causent des dégâts également dans l’opinion publique et influent les choix de la classe politique. Aucun gouvernement n’ose s’attaquer de front aux débordements de la presse eurosceptique, en particulier de la presse Murdoch. En France, la presse est plutôt favorable à la construction européenne, et même quand elle y est hostile, elle utilise des arguments politiques, mais pas la peur ou le mensonge, comme Outre-Manche, où l’on peut lire, qu’une fois la Constitution adoptée, la Grande-Bretagne n’aura plus de budget à elle et qu’elle ne décidera plus ni de ses impôts, ni de ses dépenses. (...) Concernant le UKIP, je pense que leur position va s’assagir pour rejoindre le peloton des conservateurs. (...) La sortie de la Grande-Bretagne ne serait pas rédhibitoire pour la construction européenne, mais elle doit se dire qu’elle a tout de même réussi grâce au marché économique commun et que, sous son impulsion ferme, elle a obtenu une Europe qui ressemble à son image et des améliorations considérables ! Encore un effort, et si elle parvient à torpiller la politique de la pêche qui lui est extrêmement défavorable, ainsi que la politique agricole commune, l’Europe aura évolué sur un modèle proche de ce que les Anglais ont toujours voulu en faire. »
Les mots clés de l'article |
|||||