La Biennale de la Danse s’est ouverte cette semaine à Lyon sous le signe de l’Europe. Le traditionnel défilé aura lieu samedi prochain. Une manifestation qui réunit des artistes réputés, mais aussi les futurs grands talents du continent.
Trois questions à Guy Darmet, directeur de la Biennale de la Danse (Lyon).
Dans quelle mesure peut-on parler d’une Europe de la danse ?
 guy darmet © V. Vérdrenne
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La danse est sûrement l’un des arts qui peut le mieux parler au cœur des Européens, artistes et publics, car elle n’a pas la barrière de la langue à franchir. Le ballet classique est typiquement une invention européenne. Mais j’ai été surtout frappé en parcourant l’Europe, à la rencontre des artistes et compagnies pour la biennale, de l’ouverture d’esprit contemporaine de l’ensemble des pays de notre continent. Ce fut une surprise car je n’imaginais pas des groupes de hip hop en Estonie, en Slovénie, en Slovaquie... Certes le hip hop est issu des ghettos afro-américains, mais cette culture s’est rapidement répandue dans le monde pour devenir la dernière invention chorégraphique du vingtième siècle. Elle s’est si parfaitement assimilée en Europe que les jeunes de Finlande, de Pologne, de République tchèque le dansent sur toutes les places, à la sortie des centres commerciaux... C’est devenu ‘le’ langage de cette génération européenne. Et ce ne sont pas tous des « blacks », la plupart sont des petits blonds qui viennent des quatre coins de l’Europe
Quelles sont les particularités des nouveaux entrants en matière de création ?
Le spectacle vivant n’est pas en retard du tout chez les nouveaux arrivants. Les pays de l’Est possèdent une réelle liberté de ton. Ainsi, le « Lac des cygnes » estonien est une critique acerbe du régime communiste, assimilant les bataillons de cygnes aux défilés de chars soviétiques. Il y a aussi un vrai respect des traditions musicales et littéraires dans les pays d’Europe centrale et orientale. Le seul moyen d’être danseur dans ces pays, c’était le classique, danse officielle inspirée de l’école russe, ou le folklore, une opportunité pour les garçons d’entrer dans la vie. Il faut percevoir le folklore surtout comme un lien entre les générations, elles se rassemblent autour de quelque chose, d’une histoire. Pour ces pays, le respect de la tradition n’est pas de l’académisme.
La biennale ‘Europa’ nous rendra-t-elle plus européens ?
La danse est un élément fédérateur en général, qui accompagne tous les moments forts de l’existence dans les différentes cultures, y compris européennes. La grande fresque européenne, avec pratiquement quarante nationalités réunies, lors du défilé de la Biennale samedi prochain, aura à cœur de montrer la richesse chorégraphique et culturelle européenne, de la Grèce antique aux forêts finlandaises, en passant par le Danube... forcément ce qui nous rassemble. Et puis, il y a de façon générale une incomparable liberté de penser et de création en Europe, elle est la plus inventive au monde.
En savoir plus :
11ème Biennale de la danse : Europa. Jusqu’au 3 octobre Demandez le programme. A ne pas rater : le défilé de la Biennale, à Lyon, ce dimanche 19 septembre.
La manifestation « Europa, l’esprit des villes » : de grandes métropoles d’Europe sous le regard d’une quarantaine de photographes : la magie de Prague, le rythme frénétique de Paris, la flamboyance portugaise...Et sept parcours, parmi lesquels la ville imaginaire, la ville patrimoine, la ville en guerre...Pendant la durée de la Biennale. + d’infos : « Europa, l’esprit des villes »