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FGE
Par Clémentine Forissier (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
14/10/2004 • 10h56
Les militaires l’appellent la FGE. Civils non initiés, comprenez « Force de Gendarmerie Européenne ». Instituée il y a trois semaines, sous l’impulsion de la France, par les ministres de la défense espagnols, portugais, italiens et néerlandais, cette nouvelle entité aura pour principale mission d’assurer la transition entre la fin des conflits et le retour à la vie normale. L’idée n’est pas totalement neuve. Dans les années 90, la gendarmerie française avait décidé de créer, avec les pays latins de l’Europe, une association de forces de sécurité intérieure à statut militaire (FIEP). Il s’agissait d’instaurer un échange de savoir-faire entre les gendarmeries européennes. Le projet de la FGE va plus loin. Disposant d’un statut militaire assorti d’une mission de police judiciaire, les gendarmes peuvent être présents du début du conflit au retour à la vie civile. Ils peuvent donc accompagner les « Etats fébriles » dans leur reconstruction. « Ce qui ressort de l’expérience en matière de gestion de sortie de crise internationale, c’est que l’on a besoin d’un personnel différent de la police civile capable de mener une tâche qui ne soient pas strictement militaire. Au Kosovo, on s’est rendu compte que l’on avait besoin de forces capables de gérer les émeutes, par exemple », explique un porte parole du conseil de l’Union européenne. A Mitrovica, des gendarmes italiens et français ont permis l’accompagnement et la transition naturelle en aidant à former les polices locales. En Irak rien n’avait été prévu pour assurer la transition avec le nouveau régime une fois les épisodes militaires terminés. Cela a été beaucoup reproché aux américains. 800 gendarmes seront donc dévolus par cinq pays d’Europe pour assurer des missions de gestion de foule, de maintien de l’ordre ou encore d’enquête, sous l’égide de l’Union européenne mais aussi, pourquoi pas, sous l’égide de l’ONU ou de l’OTAN. D’origine française, les gendarmes n’existent pas dans tous les pays européens. Cela explique en partie le peu d’états participant au projet. Plusieurs pays semblaient intéressés comme la Grande Bretagne, la Belgique et la Pologne. De même, l’Allemagne aurait bien voulu se joindre aux autres, mais elle ne dispose pas de gendarmerie. Or les personnes faisant partie de la FGE devront avoir le statut de militaire, a estimé Michèle Alliot-Marie, ministre française de la Défense. Ces pays pourraient se joindre à terme à cette force, une fois les critères communs établis. Le siège de la nouvelle gendarmerie européenne sera basé à Vicenza en Italie. Son commandement, tournant, sera tout d’abord assuré par un Français, honneur aux initiateurs du projet oblige.
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