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Des Jeux, du pain et de la culture
Par Grégory Gendre (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
14/10/2004 • 13h28
Le grand cirque olympique a plié bagage. Après Athènes et en attendant Pékin, les JO dressent leur bilan. Quid de la culture derrière les aspects sportifs, commerciaux et publicitaires ? Parmi l’ensemble des événements culturels proposés, une exposition européano-égyptienne attire l’attention. « From Cairo-Athens-Paris to Athens- Contemporary art meets in Athens Olympic city ». Un long titre pour une belle idée. Cette exposition co-organisée par des acteurs culturels grecs, égyptiens et français avait un objectif certes ambitieux mais, finalement, naturel : réunir des œuvres d’art contemporain provenant des pays affiliés au Comité International Olympique à l’occasion des derniers JO d’Athènes. Une lecture antique rappelle en effet que la genèse des Jeux se confond avec le rite culturel. De la trêve olympique aux cérémonies religieuses en passant par l’échange des connaissances. « En partant de cet historique, nous avons souhaité perpétuer l’esprit olympique en organisant une exposition internationale d’art contemporain », analyse Sylvie Blanchet, présidente de l’association CultuEvolution organisatrice de la manifestation. « Nous avons contacté l’ensemble des pays affiliés au CIO pour réunir des peintres, des artistes, des sculpteurs ou des photographes qui, par leur travail et le partage des cultures, symbolisent la magie des Jeux. » Derrière la grand messe médiatique et commerciale entourant les épreuves sportives, il revenait donc à l’Art de servir de passerelle. Du village à la ville Basée à Paris, l’association a d’abord été mandatée en mars 2003 par le Comité Olympique grec pour présenter l’exposition dans le village olympique. Entre les craintes liées aux retards des travaux et les questions sécuritaires, le site a été déplacé dans le centre-ville d’Athènes. Première à se manifester pour participer à ce projet, l’ambassade d’Egypte a proposé la meilleure offre d’accueil. « Il est de notre devoir et de notre responsabilité d’opérer le transfert culturel de la vie moderne », explique le professeur Hesham M. El-Asmar, attaché cultural égyptien à Athènes. « Particulièrement de nos jours où une tâche si difficile est un sujet sensible et d’une immense importance. » Au final, plus de vingt artistes grecs, égyptiens et français ont donc exposé leurs travaux du 26 juillet au 10 septembre à la galerie Zoumboukalis dans le centre de la capitale olympique. « Malgré les difficultés d’organisation et l’immensité du travail, nous avons été formidablement surpris par la magie du mot olympisme auprès de nos interlocuteurs », remarque Sylvie Blanchet. « Entre l’élargissement de l’Union européenne et les JO, nous avons vécu en 2004 deux moments émotionnellement très denses. Il était justement important de les symboliser par la coopération culturelle. » La Méditerranée comme vecteur culturel Question symboles, l’exposition a effectivement versé sa dot. L’histoire des JO modernes se confondant avec l’amour de Coubertin pour la Grèce, il pouvait paraître normal de voir une association française se lancer dans l’aventure. En soulignant, par sa participation, les multiples liens culturels unissant les civilisations méditerranéennes, l’Egypte a donné une plus grande dimension à l’ensemble. « L’art issu des rivages de la Mare Nostrum est le miroir d’un héritage culturel commun », rappelle le professeur Henry Périer, commissaire de l’exposition. « Les tendances et les styles les plus variés sont certes déployés, mais ce qui importe aussi, peut être d’avantage que les écoles et les courants, ce sont les individus et leur autonomie expressive. » Message reçu : l’exposition devrait rejoindre le Caire au début 2005, puis Paris à l’automne. L’idée étant de contribuer à diffuser le souffle olympique par définition universel et intemporel. Mais son parcours ne s’arrêtera pas dans l’hexagone puisque ses responsables ont déjà débuté les négociations avec les organisateurs de Pékin 2008. Là encore, l’édition chinoise devrait permettre de mettre en avant l’art comme passerelle d’échanges entre les cultures. En décidant, en 884 avant J-C, d’instituer des jeux athlétiques tous les quatre ans à Olympie, Iphistos ne mesurait peut-être pas toute la portée géopolitique de son acte. Quelques 2.888 ans plus tard, cette édition athénienne n’a pu s’émanciper complètement du climat guerrier actuel. La mythologie éclaire d’une autre lumière ce constat. L’un des plus anciens temples grecs fut construit à Olympie à l’origine en l’honneur de Zeus avant d’être dédié à la déesse Héra. Protectrice de la fécondité du couple, elle pouvait donner le don de prophétiser à l’homme ou l’animal de son choix. Si elle avait à choisir aujourd’hui, imaginons qu’elle privilégierait la colombe ...
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