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L’art roumain prend ses quartiers parisiens
Par Nathalie Grigorciuk
27/10/2004 • 23h08
Jusqu’au mois de mai 2005, les amateurs d’arts plastiques vont pouvoir se régaler et découvrir les oeuvres de quatorze artistes roumains au cœur de leur lieu de travail. Parmi eux, le peintre Marcel Grosaru, Caloïan de son nom de pinceau, un talent qui expose partout en Europe... ou presque.

« L’atelier permet une exposition beaucoup plus intime pour l’artiste. J’en organise deux par an. Pour moi, c’est symbolique. Je veux qu’on voie mon espace, et que le public puisse se rendre compte de l’évolution de mon travail. Je veux faire passer de l’émotion ! » explique le peintre. Comme pour ses expositions en galerie, Caloïan a choisi une thématique, en l’occurrence celle d’Arlequin, sur laquelle il travaille depuis plusieurs mois. Une quinzaine de toiles figuratives, tendance expressionniste et surréaliste, mettent donc en scène le héros de la commedia dell’arte, à dimension européenne s’il en est, sous les yeux des curieux jusqu’au 23 novembre.


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Ce peintre de 47 ans, qui recherche particulièrement à retranscrire l’exacerbation des sentiments, est arrivé en 1990 de Roumanie. C’est aujourd’hui l’un des rares pays d’Europe où il n’expose pas. « Je ne me sens pas encore prêt à y retourner. J’ai quitté ce pays avec plein de rage au cœur » raconte Caloïan. Mais s’il ne souhaite pas retourner dans sa patrie pour l’instant, il ne renie pas pour autant sa « roumanité », puisqu’il a été enthousiasmé par l’opération « Journées portes ouvertes » des ateliers d’artistes. « C’est un projet qui m’a paru vraiment intéressant. Ça ne s’était jamais fait, il était temps de mettre ça au point ! ». C’est également l’occasion d’assurer une certaine visibilité. « Ce n’est pas facile pour les artistes roumains de se faire connaître, pour n’importe quel artiste d’ailleurs. Rien qu’à Paris, nous sommes quinze mille professionnels venus du monde entier. » souligne-t-il.

C’est l’Institut culturel roumain qui est à l’origine du projet, entamé dans le cadre de la Semaine des cultures étrangères à Paris. Inspiré par le thème l’Étranger dans la ville, l’Institut a démarché les artistes plastiques roumains de la capitale. Certains d’entre eux se sont méfiés, d’autres ont déclaré, comme l’avait fait Cioran, ne pas vouloir « regarder en arrière ». Quatorze peintres ont toutefois répondu présent. Parmi eux, Dorin Cretu, Raluca Ilaria Demetrescu, Alla Rusu et Caloïan donc.

Interactions de deux cultures

Le troubadour © DR - 54.1 ko
Le troubadour © DR
 
L’opération a commencé avec l’exposition des portraits des quatorze artistes. « Nous voulons faire connaître l’art venant de Roumanie, mais également les artistes formés dans notre pays » indique Eliza Diaconescu, directrice adjointe de l’Institut culturel roumain. L’influence réciproque des deux cultures, française et roumaine, est également rappelée. « Nous ne voulons pas faire de catalogue, mais juste montrer l’élan qui anime les artistes roumains, en quoi ils participent à la vie culturelle française. Ils sont souvent à Paris depuis la chute du mur de Berlin, mais ils sont relativement isolés les uns des autres. Ils sont si bien intégrés qu’on a tendance à oublier leurs racines roumaines ! Cette opération est l’occasion de rappeler ces racines, de montrer qu’ils ne sont pas des astres sans attaches. »

Un retour aux sources qui a convaincu d’autres artistes, puisque l’opération devrait être reconduite l’an prochain, et même étendue à d’autres arts que ceux purement plastiques. Et rappeler, plus que jamais, les liens qui attachent la Roumanie à la France, et à l’Europe.

En savoir plus :

L’Ambassade de Roumanie en France La galerie Caloïan

Marcel Caloïan ouvrira à nouveau ses portes au public à la mi-décembre, en rendant hommage aux ponts de Paris et à Edith Piaf. Son exposition « Les Arlequins » reste visible jusqu’au 23 novembre, sur rendez-vous. Tél : 01.45.54.65.94

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