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Soirée européenne
Soirée-débat : SPÉCIAL CONSTITUTION EUROPÉENNE, mardi 3 mai


Je vous le fais pas dire
Une bonne semaine pour se lâcher un peu et se fâcher parfois.
27/10/2004 • 23h13
Quand la goutte d’eau met le feu aux poudres, c’est l’étincelle qui fait déborder le vase.

Le (bon) coup du (triste) sire Rocco

Barroso et son équipe devaient faire l’objet, cette semaine, d’un vote de défiance du Parlement européen, notamment d’un contingent de socialistes et de certains libéraux, au motif que certains commissaires pêcheraient par incompétence ou seraient en situation de conflit d’intérêts avec leur pays d’origine. Fort bien. Mais c’est surtout le cirque de l’improbable Buttiglione qui risquait de s’aggraver et la Commission était suspendue à un rejet inédit de la part des eurodéputés, ce qui aurait pu provoquer une crise institutionnelle abracadabrantesque dans l’histoire des institutions européennes. Barroso a donc retiré ce mercredi sa commission et devrait en proposer une mouture amendée dans un mois. Que peut-on retenir de cet épisode ?

-  sans doute était-ce une erreur de ne pas avoir viré Buttiglione plus tôt, donnant des institutions européennes une image peu valorisante auprès du grand public, mais remettre en cause son équipe et revoir sa copie parce que l’on est désavoué, avant même un vote, cela relève d’une l’élégance devenue rare en politique, quand certains ne respectent même pas le résultat des urnes. Quand le Portugais Barroso entamera sa tournée des capitales, on en tremblera sûrement à Paris,
-  la Commission n’en déplaise aux anti-européens n’est pas le bras armé de l’Union européenne, qui aurait tous les pouvoirs, déciderait de tout, à la place de tous et ne serait soumis à aucun contrôle,
-  ce vaudeville est une chance pour constituer une commission « dream team » avec des personnalités qui ont fait la preuve de leur engagement européen et qui sont connues de l’ensemble des citoyens européens,
-  mais par dessus tout, le Parlement européen reprend du poil de la bête et de la crédibilité, en affirmant haut et fort son rôle et ses valeurs, ce qui est une raison supplémentaire pour inciter les citoyens européens à s’y intéresser.

Alors, merci qui ?

Reclassement

Le salon européen gay, qui se tient début novembre à Paris, cherche-t-il encore son commissaire ? Ce serait là une occasion de reconversion en or - ou en platine ? - pour le futur ex-commissaire... Buttiglione.

Pollution turque

Conseil des ministres franco-allemand à Berlin. Interrogé mardi par l’AFP sur une éventuelle "pollution" du référendum sur la Constitution européenne par les questions soulevées par l’adhésion turque, Jacques Chirac a estimé qu’il s’agissait de "deux problèmes qui n’ont rien à voir". On sait gré au chef de l’État de tels aveux. La Constitution étant sûrement un problème parce qu’il va falloir l’expliquer, l’adhésion turque, car tout son camp y est opposé. Heureusement, pendant ce temps, un autre « problème » présidentiel faisait un jogging avec le ministre allemand des finances, son homologue, sur les bords de la Spree.

Qu’est-ce qui est plus fort qu’un Turc ?

Réponse : Chirac et Schröder. Le tandem "françallemand", partisan de l’adhésion turque à l’Union, a décidé de changer de braquet pour passer en force sur la question turque, en invitant, contre toute attente, le premier ministre turc Erdogan à son sommet franco-allemand. On ne pourrait manifester meilleure écoute des opinions publiques de chacun des deux pays ; quand on parle de lancer une consultation par voie référendaire pour l’un, et que l’on va contre l’avis d’une majorité de son peuple, pour l’autre (57% des Allemands opposés à l’entrée de la Turquie en Europe. Source : sondage pour la télé N24 - octobre 2004), comme dit l’autre, je n’ai qu’une parole, c’est pour cela que je la reprends si souvent.

Chirac martèle le clou turc

Chirac enfonce le clou sur la Turquie et la Constitution. « Ceux qui essaient de mêler ces deux affaires le font par politique, par polémique ou par mauvaise foi. », a-t-il martelé, toujours selon les propos rapportés par l’AFP. Est-ce à dire que ceux qui mêlent Turquie et religion sont aussi partisans de la « mauvaise » foi ? Puis le président français insiste sur le fait que c’est lors d’un référendum dans "dix ou quinze ans" que "les Français auront le dernier mot". C’est vrai qu’avec la Turquie, le chiffon rouge agité, relatif au coût supposé de son entrée dans l’Union, est souvent : « Qui veut perdre des millions ? »

Rose concon

PinkTV, qui a pris pour slogan "La liberté, ça se regarde", a accompagné son lancement d’une publicité, où l’on voit une photo de François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main, avec la mention "Il n’y pas que le sexe dans la vie". L’Europe disposait déjà de peu d’images symboliques, les voici détournées. Suggestion pour une prochaine campagne : le Manneken Pis en icône gay, un hymne version ABBA remixée « Monnet, Monnet, Monnet » et un événementiel : une nouvelle fête de l’élargissement avec des lascars de bonne... constitution. Preneurs ?

Kerrystérie en Europe

La plupart des médias et des instituts de sondages européens s’en donnent à cœur joie sur le thème : si les Européens votaient, ils éliraient Kerry. Or, en son temps, quand Bush demandait aux Européens d’intervenir en Irak ou se prononçait en faveur de l’entrée de la Turquie en Europe, certains arguaient, à juste titre, qu’il ferait mieux de s’occuper de ses oignons texans. Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais...

Save Money Sir !

300 millions d’euros, c’est le montant que la présidence néerlandaise va octroyer à un autre Néerlandais, Endemol, pour mettre en place une émission citoyenne de débats sur l’Europe. A vos portables. Si vous pensez que Romano Prodi devrait se lancer dans une carrière théâtrale, tapez 1. Si vous pensez que Buttiglione doit être chatié par des hommes nus, tapez 2. Si vous pensez que Balkenende devrait faire la doublure d’Harry Potter, tapez 3. Et si vous commencez à comprendre qu’on se fout vraiment de vot’ gueule, tapez sur la touche... étoile, bien sûr !

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