|
Cultures |
Les Européens |
L’Union en marche |
Vivre l’Europe |
Dossiers |
![]() |
|
|||||
|
![]() Téléchargez l'Édition spéciale 9 mai 2005 - version éditée n°1 Notre newsletter Le chiffre 120.000 Bien euro de le savoir Quels risques énergétiques pour l’UE ? Volapük (directive) Bolkestein Le saviez-vous ? Ils étaient cinq --- Publicité --- Savoir communiquer avec la presse Formation media training Suivre l’actu sur le théatre en France et en Europe Improvisation Paris Découvrez le cours d’improvisation à Paris de RUEDUTHEATRE ! |
|||||
|
Dans la même rubrique
Roumanie : une forte abstention guette les élections européennes Quelle sécurité aux frontières de l’UE27 ? Un salaire minimum en Europe ? CPE : et si l’Europe s’en mêlait ? Entretien "Le Comité des Régions doit apprendre à dire non" Entretien "Il faut accélerer l’adhésion des pays des Balkans" La chronique de la semaine Livre blanc sur la politique de communication européenne : Du beau, du bon, du chemin, encore beaucoup de chemin... La chronique de la semaine Adhésion de la Turquie : un veto de la France ? La chronique de la semaine La Turquie a-t-elle le bon profil... démographique ? Editorial Turquie et Europe : juste pourparler |
Lutte contre les pandémies : faut-il avoir la chair de poule ?
Par Christophe Nonnenmacher (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
27/10/2004 • 23h14
L’Union est-elle en mesure de faire face à une pandémie ? En dépit des satisfecit affichés quant à l’optimisation des coopérations sanitaires en Europe, de nombreuses inquiétudes apparaissent encore. État des lieux. « On peut craindre qu’il y ait entre 9 et 21 millions de personnes qui soient infectées par la grippe aviaire. » Un tiers de la population hexagonale ! « 90.000 à 250.000 morts » ! Attaque bio terroriste, déclaration de guerre bactériologique ? Non. Ce cri d’alarme, lancé le 13 octobre dernier, les Français le doivent à leur ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy qui, satisfait de son effet, rassure dans la foulée : « Mais ça, c’est de la fiction pour l’instant. C’est la raison pour laquelle nous mettrons en place tout de suite le vaccin, dès l’instant où l’on connaîtra le virus. » Seul « hic », l’utilisation de l’expression « pour l’instant » et l’optimisme affiché quant à la mise à disposition rapide d’un vaccin. Car si l’on en croit les experts, la chose ne semble guère aisée. Interrogée sur la question, Françoise Keller, professeur à l’Institut de virologie de la faculté de médecine de Strasbourg, précise que la production d’un vaccin susceptible de contrer les effets d’une pandémie de grippe aviaire peut prendre jusqu’à six mois de temps. Non pas par incompétence des services pharmaceutiques et virologiques concernés mais pour une raison toute simple et indépendante de la bonne volonté des chercheurs : « Ce type de vaccin vivant est produit sur un œuf embryonné. Cela prend donc du temps. D’autant plus que si l’on prend l’exemple de la souche H5N1 de la grippe aviaire, celle-ci est très pathogène et détruit les embryons. ». Un centre européen de prévention aux contours encore flous Faut-il en conclure que ni la France, ni l’Europe ne résisteraientt à une pandémie ? A en croire les institutions communautaires, l’Union serait en théorie relativement bien préparée à ce cas de figure. Principal motif de satisfaction, l’adoption en mars dernier par le Conseil des ministres d’une proposition de la Commission visant à créer un centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM). Cette agence basée à Stockholm, et qui devrait voir le jour au plus tard le 20 mai prochain, devrait « permettre à l’Europe de rassembler ses capacités de contrôle spécialisé avec plus d’efficacité, en donnant la possibilité à des équipes d’enquêteurs européens, en cas d’épidémies, de se regrouper rapidement et efficacement », annonce-t-on dans les couloirs de la Commission européene. Légèrement plus concret, les statuts du CEPCM indiquent que « s’il existe des foyers d’une maladie grave d’origine inconnue et que si celle-ci est susceptible de se propager sur le territoire de la Communauté, le centre agit de sa propre initiative jusqu’à ce que la source de l’épidémie soit connue ». Reste qu’en l’état, rien dans le document ne précise les modalités et moyens exacts de cette intervention. Les limites de la coordination communautaire Seule certitude, l’agence travaillera en étroite collaboration avec la Commission, ouvrira une banque de données regroupant les données sanitaires recueillies par les États membres. Mais, pour ce qui est de l’action concrète, de la constitution de stocks communautaires d’antiviraux qui, bien qu’incertains quant à leur effet, auraient au moins le mérite d’exister, et des instruments mis à sa disposition en cas de déclenchement d’alerte précoce - que le CEPCM peut ordonner - le texte reste particulièrement flou. Rien n’indique, par exemple, qu’il pourra de lui-même ordonner la fermeture immédiate de l’espace Schengen aux personnes et animaux en provenance de zones à risque. Certes, rien n’empêche les États d’agir en ce sens mais la prédominance d’une action intergouvernementale sur une décision communautaire n’est pas sans poser certains inconvénients en situation d’urgence de par la perte de temps qu’occasionnerait une concertation des ministres de la Santé. Quant à l’efficacité du suivi des victimes, de leur mise en quarantaine et de leur possible vaccination, celle-ci dépendrait principalement - en dépit des satisfecit prononcés sur l’amplification de la coordination communautaire - du taux de réactivité individuel des gouvernements des Etats membres. Or, en l’état, rien n’indique que si la France semble être relativement à même de gérer une crise sanitaire de cette ampleur, il en aille de même pour l’ensemble des autres pays de l’Union. Une hypothèse qui n’a peut-être pas de quoi (encore) donner la chair de poule aux citoyens européens mais qui pourrait s’avérer insuffisante pour voler efficacement dans les plumes d’un virus de type H5N1. Memo :
En savoir plus : Règlement instituant un centre européen de prévention et de contrôle des maladies Alerte et conduite à tenir en cas de suspicion de résurgence du SRAS. Institut français de veille sanitaire Présentation du plan gouvernemental français de lutte contre la pandémie grippale d’origine aviaire au 13 octobre 2004
Les mots clés de l'article |
|||||