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4 décembre 2004
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Euro, ne suspends pas ton envol !
17/11/2004 • 15h46
Record historique de l’euro cette semaine, face à un dollar faible : une aubaine pour les Européens. Ce qui veut dire ?

Avec une valeur de 1,30 dollar pour un euro, qui a été atteinte mercredi dernier, - et qui se conforte ce mercredi 17 novembre, ndlr -, le dollar est plus faible que jamais par rapport à la monnaie unique. Et, remarque The Economist, "même si les Européens se plaignent amèrement de ce taux bas qui favoriserait les exportations américaines, ce n’est pas vraiment eux qui vont payer la facture mais bien les pays asiatiques qui ont le malheur d’être les créanciers principaux des Etats-Unis".

L’hebdomadaire rappelle que la dette actuelle des Etats-Unis s’élève à environ 23 % de leur produit intérieur brut (PIB), proche du niveau record de la crise de 1894. Et, s’amuse The Economist, "les Américains ont pris grand soin de libeller leurs emprunts en dollar. Donc, pour réduire la dette facilement, il suffit de dévaluer le billet vert."

Or, signale The Economist, les Banques centrales asiatiques détiennent actuellement la bagatelle de 1 890 milliards de dollars de réserves de devises, essentiellement en dollars. Que le dollar s’écroule et les réserves font de même, avec des conséquences néfastes pour ces banques. Le magazine donne quelques exemples : "Si le dollar perd 10 % par rapport au yuan chinois, la Chine subira une perte de capital équivalent à 3 % de son PIB. De même pour la Corée du Sud. Pour Taïwan, ce serait même pire, cela lui coûterait 8 % de son PIB !"

Les Banques centrales asiatiques ne savent pas trop comment réagir à cette situation. En effet, si elles veulent éviter la dévaluation du dollar, elles doivent alors acheter du billet vert, ce qui les rend encore plus vulnérables à une dévaluation future... Si elles diversifient leurs réserves, en se procurant de l’euro par exemple, cela accélérera la chute du dollar... et donc leurs pertes. Et pourtant, constate The Economist, "les Asiatiques se taisent, et ce sont les Européens qui font du ramdam".

Ils devraient plutôt voir, affirme l’hebdomadaire, "que cet euro élevé permet à la Banque centrale européenne de lutter efficacement contre l’inflation, qui n’a jamais réellement été maintenue en dessous de 2 %, comme cela devait être. En outre, l’euro élevé rend le pétrole moins cher. Enfin, si l’euro donne un meilleur pouvoir d’achat, cela incitera peut-être les ménages à le dépenser et donc relancera la consommation interne qui fait cruellement défaut à l’Union européenne". Une aubaine, quoi !

Eric Glover © Courrierinternational


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