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Travailler avec les Lituaniens
Par Clémentine Forissier (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
2/12/2004 • 00h00
Méconnaissance du marché ou peur des frimas ? A peine soixante entreprises françaises sont installées en Lituanie. Et l’hexagone occupe la 15ème place au rang des investisseurs étrangers du plus peuplé - 3,5 millions d’habitants - des pays baltes. La progression rapide de ce pays dans le commerce mondial depuis la fin de l’emprise soviétique et la qualité de vie offerte par Vilnius sont pourtant reconnues par ceux qui y ont tenté leur chance. Pourquoi pas vous ? Tous les conseils pour ne pas avoir froid aux yeux.
Le château médiéval de Trakai, à 30 kms de Vilnius, dans la région des lacs © users.globalnet.co.uk/ josephn
Lettonie, Biélorussie, Pologne, Russie et mer Baltique. Avec ses cinq frontières, la Lituanie est un carrefour, « un pont stratégique entre l’Est et l’Ouest » explique Dalia Kreiviene, qui travaille à l’ambassade de Lituanie à Paris. La diversité frontalière est un avantage. Elle permet, par exemple, d’optimiser le choix du passage des marchandises entre la Lituanie et ses voisins. L’économie lituanienne s’est transformée depuis la chute de l’empire soviétique et la perspective d’adhésion à l’Union européenne. Le pays a connu une croissance de 9% en 2003, une des plus forte des dix nouveaux pays membres, et malgré une baisse en 2004, la consommation reste tonique et les exportations sont en hausses. Sous la coupe de l’URSS pendant cinquante ans, les Lituaniens sont indépendants depuis 1990. L’influence de la Russie sur le pays s’estompe petit à petit, même si le « cousin » redevenu seulement « voisin » est aujourd’hui encore leur premier fournisseur. « Parfois dans les petites et moyennes entreprises on peut utiliser le russe pour travailler », explique Dalia Kreivine, « mais les jeunes ne parlent plus cette langue, l’histoire a été tellement longue et pénible avec la Russie que la jeunesse préfère l’anglais ». Langue des affaires, l’anglais est de plus en plus utilisé dans les échanges commerciaux. Mais trouver un emploi dans une entreprise lituanienne est souvent difficile car il faut parler le lituanien. Ni Slaves, ni Latins La langue n’est évidemment pas la seule différence entre Lituaniens et Français dans la vie professionnelle. Arrivés à 8 heures, les salariés terminent leur journée plus tard que nombre de salariés français et travaillent 40 heures par semaine. « Très organisés, les Lituaniens sont des gens sérieux dans le travail, avec un niveau de compétence élevé. Ils ne sont ni slaves ni latins, leur mentalité est très proche de celle d’Europe du nord », raconte Igor Malceff, conseiller pour les pays baltes à la Chambre de commerce et de l’industrie de Paris. Négocier une affaire au restaurant autour d’un copieux repas n’est donc pas dans les habitudes de ces baltes du sud. Avec l’internationalisation des échanges, « la culture sudiste de négocier à table arrive un tout petit peu mais cela se passe surtout dans les bureaux autour d’une table, éventuellement avec quelques biscuits pour les plus accueillants » précise Daila Kreivine. La sobriété est aussi visible dans la rédaction des textes présentant un projet par exemple. Métaphores et fioritures de politesses ne sont pas de mise. « Les textes français sont habillés par de jolies phrases. Mais chez nous les tournures colorées sont considérées comme une perte de temps, les gens vont droit au but », résume la lituanienne. Commencer à travailler dans une entreprise sans avoir réglé toutes les formalités administratives n’est pas imaginable non plus. L’employé doit avoir reçu son contrat de travail dûment signé. La douceur de Vilnius L’ancienne république soviétique a évolué très rapidement. La vague des privatisations a attiré les investisseurs étrangers avec en tête Scandinaves, Allemands et Américains. Boutiques de luxe et téléphones portables ont envahi Vilnius. « C’est une ville romantique et baroque qui offre de nombreuses possibilités sur le plan touristique », explique Igor Malceff « les entrepreneurs français qui découvrent la ville apprécient beaucoup la qualité de vie de l’endroit. Ils trouvent agréable d’être dans un pays européen avec une capitale à taille humaine ». Flâner ou se loger, y vivre reste encore à un niveau très raisonnable. Dans la ville aux mille clochers, les loyers sont presque trois fois inférieurs aux loyers français. Pour combien de temps ? Dalia Kriviene intervenait dans le cadre des semaines de la mobilité internationale organisées par l’APEC. En savoir plus : La mission économique de Lituanie de l’ambassade de France de Vilnius La page Lituanie d’Eures, le portail européen de la mobilité et de l’emploi Lituanie, les données clées dans le guide géo business réalisé par « le Journal du management ».
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