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Par Quentin Domart (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
1er/12/2004 • 16h09
C’est en milliards d’euros, selon les estimations d’Eurostat, l’office statistique des Communautés européennes, l’excédent commercial de la zone euro avec le reste du monde au mois de septembre dernier. Concrètement ? Concrètement, cela veut dire que la zone euro a continué à exporter plus qu’elle n’importe malgré l’appréciation de l’euro et l’envolée des prix du pétrole. Ainsi, sur les neuf premiers mois de 2004, la balance commerciale de la zone affiche un solde positif de 61,4 milliards d’euros, en progression de près de 25% par rapport au neuf premiers mois de 2003. Ces chiffres sont toutefois à prendre avec des pincettes. De fait, l’amélioration du solde commercial résulte moins d’une accélération des exportations, quasiment stables, que d’une contraction des importations (-1,8% en septembre), indicateur traditionnel d’une économie qui ralentit. Les résultats de septembre 2004 apparaissent en outre bien maigres comparés aux 8,6 milliards d’euros d’excédent commercial réalisé en septembre 2003. Enfin, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne : entre janvier et août 2004, si les balances commerciales de l’Allemagne (109,8 milliards d’euros), de l’Irlande (24,5) et des Pays-Bas (19,8) sont excédentaires, pour l’Espagne (-34,6), la Grèce (-19,6), le Portugal (-9,6) et la France (-5,9), le solde est négatif. Et l’euro dans tout ça ? L’appréciation de la monnaie unique par rapport au billet vert, devenue, à n’en plus douter, une tendance de long terme, a plusieurs répercussions sur le commerce extérieur. Elle pénalise directement les exportateurs de la zone en amputant leur compétitivité et leurs marges, et dans une moindre mesure, les producteurs nationaux, si le prix des produits importés baisse dans les étalages. Mais d’un autre côté, la chute du billet vert par rapport à notre monnaie permet aussi de contenir la flambée de la facture pétrolière, et par là même, les coûts de production...rétablissant ainsi quelques marges de manœuvre. Dès lors, que penser des derniers records de l’euro ? Prenez la France et l’Allemagne. Ces deux poids lourds économiques de la zone se trouvent dans des situations commerciales opposées. Mais si Jacques Chirac s’inquiète des évolutions suivies par la parité euro/dollar, le chancelier allemand ne les considère pas forcément comme « dramatiques » étant donné les performances à l’exportation de ses propres industriels. Question de point de vue donc, tant la compétitivité d’un pays est affaire de prix, mais aussi et surtout, d’image, de qualité et de parts de marché. Pour en savoir plus : Source sur Eurostat. Étude sur l’effet d’une appréciation de l’euro de 10% sur le commerce extérieur de la France.
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