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Point de vue
Et viva España !
Par José-Manuel Lamarque (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
15/02/2005 • 00h00
L’Espagne, par son engagement sans faille pour un « oui » à la Constitution européenne, montre la voie à la France ; ainsi que tous les pays l’ayant déjà ratifié. Qu’attendons-nous ?

Le 11 février dernier, ils étaient presque tous présents à Barcelone, sauf Schroeder et Berlusconi pour cause de grippe, mais pas espagnole ! Aux côtés de Pasqual Maragall, président de la généralité de Catalogne, et José Luis Zapatero, le Premier ministre espagnol, Jacques Chirac était tout de même bien entouré... Entouré par l’Espagne moderne, l’Espagne vivante, l’Espagne jeune, comme l’a dit Chirac, Barcelone, capitale de la jeunesse... et j’oserai ajouter, l’Espagne qui avance... Quel modernisme, quelle leçon de tolérance quand Maragall s’exprimait en catalan et Zapatero en castillan, ce sont les Espagnols qui nous montraient où se trouve la voie pour demain, la vraie...

« Parce que nous vivons un autre temps ! »

Le 20 février prochain ils voteront « oui » à la Constitution européenne quand nous sommes toujours et encore abreuvés des jérémiades des partisans du « non », qui ne font que désinformer l’opinion... La hargne, la rogne et la grogne, voilà en quoi nous sommes réduits, petit peuple toujours en retard qui ne sait que regarder son nombril, et s’enfermer dans le village gaulois, qui résiste encore et toujours, mais quand c’est de la BD, cela peut passer... C’est tout autre chose quand nous plaquons sur le réel des théories d’un autre temps... Parce que nous vivons un autre temps ! Quand une partie de la gauche, de la droite, quand les extrêmes se retrouvent tous confondus dans le même sac, c’est aussi une affaire de corde ? Les propos entendus, lus, écrits, avec des hebdomadaires français comme Marianne, qui explique pourquoi les partisans du « non » voteront « non », les bras m’en tombent !... Pis, à force de lire et d’entendre n’importe quoi, je serais tenté de penser que peu importe ce n’importe quoi... Mais j’ai mal à la France quand certains entament l’air de la calomnie constitutionnelle en empruntant des airs d’autres temps, une cadence qui fleure quatre années noires de notre histoire et qui sont toujours notre honte... En sommes-nous arrivés là, peut-être, hélas, et c’est l’Espagne qui nous tire vers le haut, quand nous avons tendance à descendre encore plus bas, mais jusqu’où irons-nous ?... Merci à Zapatero, merci à Maragall, merci à l’Espagne, cette Espagne qui vécut quarante années de plomb, de silence, cette Espagne ridiculisée par les autres, celle que l’on montrait du doigt, sous-développée, illettrée, en retard, terre à touristes bedonnants qui se prenaient pour des milliardaires, parce que leurs monnaies étaient plus fortes que la peseta.

« Oui », pour une Europe résolument moderne

L’Espagne aujourd’hui nous fait la nique, et nous l’avons bien mérité !... Que ferons-nous le 21 février, continueront-ils, ces professeurs Nimbus, à prôner encore et toujours le « non » à la Constitution ?... Alors que la Hongrie, la Lettonie, la Slovénie ont déjà dit « oui », « oui » sans référendum, mais « oui » quand même, et bientôt l’Espagne par référendum... C’est un « oui » au futur, parce qu’ils savent construire l’avenir avec l’expérience du passé, un « oui » à une Constitution moderne, sociale, écologique, humaine, une Constitution révolutionnaire qui construit autour de l’homme et pas à côté de l’homme !... Que faudra-t-il aux Français pour qu’ils se réveillent ? Sûrement pas un coq, c’est dans le décor et ils l’ignorent ! Encore deux, trois, dix pays qui disent « oui », et nous prendrons la queue du peloton... Ce que j’attends aujourd’hui, c’est le « oui » français ! Que les partisans disent « oui » et surtout qu’ils s’expriment ! Parce que dire « oui », c’est dire « non » à la peur, à l’angoisse, au cauchemar, c’est « oui » à demain, « oui » à la fraternité, « oui » à l’égalité, puisque nous avons la liberté de dire « oui »... Un « oui » français, c’est l’honneur retrouvé, pas celui des décorations et des titres de gloire... C’est le « oui » à la vie, le « oui » à l’homme, le « oui » au bonheur, un bonheur d’être ensemble, car depuis le 1er mai dernier, la Seconde Guerre mondiale est terminée, nous sommes ensemble, pour le meilleur, le pire étant passé... Alors encore merci à l’Espagne, gracias, muchas gracias, remerciements envers ceux que la France a mal reçus quand ils fuyaient Franco et que nous n’avions que les camps d’Argelès et de Gurs pour les accueillir... C’était durant la IIIe République française !

Adelante !

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