|
Cultures |
Les Européens |
L’Union en marche |
Vivre l’Europe |
Dossiers |
![]() |
|
|||||
|
![]() Téléchargez l'Édition spéciale 9 mai 2005 - version éditée n°1 Notre newsletter Le chiffre 120.000 Bien euro de le savoir Quels risques énergétiques pour l’UE ? Volapük (directive) Bolkestein Le saviez-vous ? Ils étaient cinq --- Publicité --- Savoir communiquer avec la presse Formation media training Suivre l’actu sur le théatre en France et en Europe Improvisation Paris Découvrez le cours d’improvisation à Paris de RUEDUTHEATRE ! |
|||||
|
Dans la même rubrique
Roumanie : une forte abstention guette les élections européennes Quelle sécurité aux frontières de l’UE27 ? Un salaire minimum en Europe ? CPE : et si l’Europe s’en mêlait ? Entretien "Le Comité des Régions doit apprendre à dire non" Entretien "Il faut accélerer l’adhésion des pays des Balkans" La chronique de la semaine Livre blanc sur la politique de communication européenne : Du beau, du bon, du chemin, encore beaucoup de chemin... La chronique de la semaine Adhésion de la Turquie : un veto de la France ? La chronique de la semaine La Turquie a-t-elle le bon profil... démographique ? Editorial Turquie et Europe : juste pourparler |
La chronique de la semaine Constitution : débattre de tout... y compris de la Turquie !
2/03/2005 • 15h43
Occulter les questions du quotidien des Européens, ou celle de la Turquie, c’est tuer le débat européen, encore timide, provoqué par la Constitution.
Si, comme le disent les responsables politiques et les dirigeants associatifs proeuropéens, il s’agit d’impliquer l’ensemble des citoyens dans le débat, de faire du débat public européen un instrument de démocratie participative associant les Européens à la construction de l’Europe politique, il faut s’interroger sur les causes qui confinent le débat public européen dans des enceintes très restreintes. Or l’une des leçons des débats publics organisés en France, c’est que plus le débat porte sur des questions concrètes touchant la vie quotidienne et leur environnement proche, plus les citoyens tendent à s’investir dans ce débat. C’est un résultat important qui souligne la difficulté de tout débat public européen dès lors que l’Union reste perçue comme une réalité abstraite et lointaine. Mais il est aussi central, dans la mesure où tous les débats européens ont révélé la même chose : les institutions imposent des thèmes de débat qui ne correspondent pas aux préoccupations des citoyens. Les Européens veulent débattre du chômage, de la préservation des différences culturelles et des limites territoriales de l’Europe ; mais les institutions parlent de répartitions des compétences, du pouvoir de la Commission européenne ou de défense commune. Pour le dire en un mot, plus on impose les thèmes de débat, moins on attire le grand public. Un débat public populaire au niveau de l’Union n’est possible que si l’on part des préoccupations des citoyens. C’est la première condition. Ce n’est pas la seule. Le vote ne doit pas clore le débat européen, il doit l’ouvrir. Il convient aussi de définir clairement le territoire, c’est-à-dire les habitants concernés et la portée exacte des décisions prises à la suite de ces débats. Or, le Traité constitutionnel est désespérément muet sur ce point. Il convient enfin et surtout de donner du temps au débat. Du temps pour trouver une solution satisfaisante aux problèmes linguistiques posés par un débat européen. Du temps pour que la société civile et les partis politiques se structurent au niveau européen. Du temps pour que l’éducation enseigne une histoire européenne. Du temps pour que les citoyens prennent connaissance du schéma institutionnel de l’Union. Du temps pour construire des dissensus à l’échelle de l’Union. Du temps pour que la lente et souterraine européanisation des sociétés européennes favorise l’émergence d’une culture commune, etc. Du temps, beaucoup de temps et... de la passion. On ne prend pas part à un débat politique si le sujet vous est indifférent. Pour toutes ces raisons, ce débat sur la Constitution qui réveille timidement les passions nationales doit trouver un prolongement européen. Il n’est pas le premier, il ne doit pas être le dernier. Le débat sur la Turquie est le prochain débat européen clé L’enjeu, l’enjeu véritable est là. Profiter du débat sur la Constitution pour lancer d’autres débats européens. Tout faire pour éviter que le résultat des votes conduise à clore le débat sur l’Union. C’est pourquoi il est dangereux de faire croire que le résultat du vote serait irrémédiable. Une éventuelle ratification ne marque pas plus l’approbation définitive à l’Union telle qu’elle est, qu’un rejet possible ne signifie le refus irréversible d’une construction politique plus approfondie de l’Europe. Il faut se souvenir que la majorité des citoyens ne lira pas dans le détail le texte et que chaque ratification sera fortement liée à des enjeux de politique intérieure. Dans ces conditions, un vote pour le « oui » ne peut pas signifier plus que le maintien du soutien au processus de construction politique, un vote pour le « non » ne doit pas être analysé plus profondément que le désir des citoyens de voir leur préoccupation centrale (le chômage) et leur peur principale (l’élargissement) prises en compte par les autorités. Si le débat sur la Constitution n’est pas le dernier, quel peut ou quel doit être le prochain ? Au vu de ce que nous venons de dire, la réponse est claire : le débat sur la Turquie. Il correspond aux inquiétudes des citoyens européens, il déclenche les passions, pose la question centrale des limites territoriales et, surtout, pose la question de l’identité et du projet européen. Pour quoi faire l’Europe ? Quel est, aujourd’hui, le point commun entre un pilote d’avion turque, une infirmière finlandaise, un chômeur slovène et un ouvrier français ? Répondre à ces questions c’est, enfin, parler de l’essentiel. Le débat sur la Constitution est important, le débat sur la question turque est primordial. Participer au premier sans préparer le second, c’est sauter de l’avion sans avoir préparé son parachute. Dangereux, voire mortel.
Les mots clés de l'article |
|||||