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Soirée européenne
Soirée-débat : SPÉCIAL CONSTITUTION EUROPÉENNE, mardi 3 mai


Bonne humeur
La fin dépend du début
Par José-Manuel Lamarque (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
17/03/2005 • 18h07
Les Français seraient 56 % à s’exprimer pour le oui à la Constitution et les tenants du non 44% ; pourtant, d’après le sondage Sofrès - Le Monde du mercredi 16 mars, 68 % des électeurs pensent que le oui passera...

(JPEG) Nous sommes entrés dans la phase des chiffres et des prises de positions fermes et définitives, telle celle d’Alain Lamassoure, secrétaire national de l’UMP chargé de l’Europe, dans Le Nouvel Observateur : « Le camp du non déclenche une artillerie lourde de charges creuses qui font impression mais qui, quand vous regardez ce qu’ils disent, correspond tout à fait à des mensonges ou à des contre-vérités ». Mais une fois passé le temps des déclarations et des études sur les profils des partisans du oui et des affidés du non, la France - même sortie du référendum qui, je le crois obtiendra une majorité de oui avec une large abstention - devra une fois n’est pas coutume en arriver à l’heure du bilan. Le Traité constitutionnel aura montré le visage actuel de ce pays. Pays non encore sorti de ses torpeurs et de ses vieux fantômes, mais pays divisé, au plus profond de son identité.

Le Traité constitutionnel a fait imploser les partis, le paysage politicien français est janusien, avec une méridienne bien visible entre les pour et les contre. Comment vont-il se débrouiller durant la campagne audiovisuelle, qui entendra-t-on dans chaque parti, les pour ou les contre ?... D’ailleurs, il est étonnant que parmi les partisans du non, personne ne vienne dénoncer la qualité de l’air qui devient irrespirable, car cette famille est plus que colorée. On y trouve des supporters de la contestation anti-démocratique, et d’autres, qui depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale se sont toujours présentés comme garants des valeurs démocratiques. Ainsi, les seconds ne bougent toujours pas et ne prennent pas position contre l’amalgame qu’on peut leur reprocher d’assumer. Nul chez eux ne s’élève en demandant de ne pas les confondre avec d’autres peu fréquentables, étonnante cohabitation...

On n’entend pas les amis du Front National, c’est un peu normal. Qui chez eux aurait pu imaginer voisiner avec un tel aréopage, qu’ils ont tendance à combattre au quotidien ? Le Pen avec les trotskystes et les communistes, c’est nouveau, mais rien d’anormal après tout... Quant au camp du oui, qu’on le veuille ou non, celui-ci est devenu chiraquien. Le fanion au bout du sillon est bien le Président de la République, et que ce soient les socialistes, les centristes, les verts ou les sarkozistes, voter oui, c’est se mettre en file indienne derrière la figure du locataire de l’Élysée, pour ce qu’il représente constitutionnellement... En parlant de locataire, l’heure des comptes sonnera aussi quant à la gouvernance de ce pays et de ceux qui en ont la charge. L’affaire Gaymard reste une plaie ouverte sur le manque de réforme des institutions, et nous ne couperons pas à la réalité de cette actualité. Les comptes ne concernent pas seulement les questions européennes.

Enfin, concernant le Traité constitutionnel, même si celui-ci n’est pas parfait - qu’est ce qui est parfait dans ce bas monde -, il est un instrument politique indispensable à la poursuite de notre construction communautaire afin d ‘accéder à l’Europe puissance.

Des voeux pieux des pères de l’Europe au grand marché, la nouvelle étape est l’Europe politique, l’Union de ses cinquante cinq ans d’existence en est à la fin de son adolescence... Mais que se passera-t-il après la fête des mères, une fois que nous aurons offert notre bouquet printanier, et que les petits seront venus au matin avec leurs poésies et les objets modelés et peint durant les heures creuses d’école ?...

La France, une fois de plus, se réveillera avec certains qui arboreront un sourire de soulagement et d’autres qui ressasseront leurs rancoeurs et leur dépit...

En somme, ceux qui auront joué le bon cheval et les autres, les éternels abonnés à l’opposition sous toutes ses formes. Ce sera le temps de ceux qui diront demain, et les autres qui clameront dégoûtés « avant, c’était mieux... », ou encore, « de mon temps... ». Qui saura dire aux uns et aux autres que l’essentiel, c’est avant tout ce que l’Europe nous apporte d’abord, la paix, la liberté et la solidarité...

Une fois que nous aurons tous assimilé ces valeurs essentielles, nous pourrons dire que la France est à l’heure, au rendez-vous de l’histoire...

Souhaitons-le !

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