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Obésité en Europe :
l’addition sera lourde Par Laetitia Darmon (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
30/03/2005 • 13h23
Alimentation déséquilibrée et trop calorique, exercice physique insuffisant : les Européens n’en finissent pas de prendre du poids. Une récente étude fait état de la croissance dramatique du nombre de personnes souffrant de surcharge pondérale (surpoids et obésité) en Europe, notamment parmi les enfants. Un phénomène dont les conséquences sanitaires et économiques sont graves.
Cours de cuisine diététique © CE 2005
L’Europe prend du tour de taille de façon dramatique. Elle qui a longtemps pointé du doigt l’obésité des Américains se regarde dans la glace avec horreur et ne se reconnaît plus. Un récent rapport de l’International Obesity Task Force (IOTF) dresse un tableau alarmant des problèmes de poids (obésité et surpoids) en Europe. Ceux-ci sont en hausse constante dans toute l’Union. Longtemps sous-estimés, ils pourraient concerner plus de 200 millions d’adultes, soit 45 % de la population. « Dans certains parties de l’Europe, la combinaison du surpoids et de l’obésité excède même les 67 % de prévalence obtenus dans la plus récente enquête chiffrée aux États-Unis », constate le rapport. Le nombre d’enfants présentant un excès pondéral augmente quant à lui de 400 000 personnes par an. Quatorze millions de petits Européens sont touchés aujourd’hui par ce phénomène, dont 3 millions par l’obésité. Aucun pays n’est épargné, et les plus touchés ne sont pas ceux qu’on croit. « Malte, la Sicile, Gibraltar et la Crète, tout comme l’Espagne, le Portugal et l’Italie affichent des taux de surcharge pondérale et d’obésité dépassant les 30 % parmi les enfants de 7 à 11 ans », note le rapport, qui souligne que le régime traditionnel méditerranéen, jusqu’ici vanté pour son équilibre, s’est laissé largement supplanter par une alimentation plus riche, plus sucrée et plus salée. Salée, la note sanitaire risque de l’être elle aussi. Car qui dit excès pondéral dit risques de santé accrus. Le rapport de l’IOTF rappelle que ces risques se profilent dès les plus bas niveaux d’excès pondéral. Celui-ci favorise le diabète de type 2, les maladies cardio-vasculaires, l’hypertension, les troubles respiratoires, l’arthrite et certains types de cancers. La Commission européenne indique ainsi que, selon les estimations, l’obésité représenterait déjà entre 2 et 8 % des coûts de soins de santé en Europe. « L’obésité progresse rapidement et la prise de poids de l’Europe a des conséquences dévastatrices pour la santé publique et un coût économique considérable », s’inquiète Markos Kyprianou, le commissaire européen en charge de la santé et de la protection des consommateurs. Alertée de l’ampleur de la catastrophe, la Commission européenne a lancé le 15 mars dernier une « Plate-forme européenne d’action pour l’alimentation et l’activité physique », réunissant des responsables des milieux de la santé, de l’éducation, du commerce, des organisations de consommateurs, de l’industrie alimentaire et de la publicité. Ces différents membres sont invités à expliquer comment ils entendent contribuer à la promotion d’une meilleure hygiène de vie (moins de sédentarité, une alimentation plus saine et plus diversifiée), à échanger sur les meilleures pratiques existantes et à s’engager à accorder davantage de ressources et d’efforts à ce domaine. Une lourde tâche en perspective.
L’indice de masse corporelle se calcule en divisant le poids (en kg) par la taille (en m) au carré. Ainsi, une femme de 1,60 m pesant 55 kg a un IMC de 55 / (1,602) = 21,48.
La Plate-forme européenne d’action pour l’alimentation et l’activité physique
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