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Notre histoire L’homme qui voulait faire l’Europe... en 1464
30/03/2005 • 11h51
Au Moyen Âge déjà, un petit roi tchèque conçoit un projet grandiose : pour mettre fin aux guerres qui ravagent l’Europe, créer une Confédération chrétienne. Il rédige un Traité, aux clauses d’une étonnante précision.
© DR
Au début de l’été 1464, ce sympathique moustachu, roi de Bohême, envoya deux émissaires au royaume de France, à Dieppe, où séjournait alors Louis XI. Ils apportaient un projet : un Traité, destiné à établir la paix dans toute la chrétienté. Il s’agit, propose Podiebrad, de créer une « Confédération des rois et princes chrétiens ». La Condéfération disposera d’une assemblée permanente et d’une cour internationale de justice. La Hongrie, la Pologne et Venise ont déjà donné leur accord, disent les envoyés à Louis XI. Le projet est sérieux. Le think tank de Podiebrad l’a assorti d’une gamme complète et détaillée d’institutions : assistance mutuelle automatique, arbitrage international, finances, archives, etc. L’Assemblée se réunira à Bâle, puis dans une ville française, puis en Italie, en alternance. La confédération chrétienne a un objectif stratégique : se défendre contre un ennemi redoutable. Les Turcs. Les Turcs viennent de prendre Constantinople (en 1453) et, de cette base, menacent désormais le coeur de l’Europe. Le Traité vise aussi le pape, avec laquelle le roi Georges Podiebrad se dispute. Le chapitre financier précise : d’où viendront les fonds de la « caisse commune » ? De la dîme des églises. La manoeuvre est claire : pour financer l’Europe, on dépouille le Vatican. Louis XI n’avait aucune envie de se brouiller avec le pape, alors Pie II, et encore moins de se battre contre les Turcs. Les envoyés tchèques repartirent de Dieppe sans l’accord de la France, mais avec l’assurance de sa neutralité si le Traité se faisait. Il ne se fit pas. Le roi de Hongrie changea d’avis, Venise s’allia à la Hongrie et l’Europe de 1464 se réduisit à une alliance entre la Bohême et la Pologne. Léon M. © Radio Nova
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