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Pourquoi sont-ils tous contre Bolkestein ?
Par Solenn Paulic (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
31/03/2005 • 11h36

Pourquoi sont-ils tous contre Bolkestein ? Peter Gumbel, le journaliste de TIME EUROPE s’interroge sur la levée de boucliers de certains pays. Bolkestein, symbole d’ultralibéralisme et pourfendeur de nos équilibres sociaux ? Pas le moins du monde, écrit Peter Gumbel. C’est l’Europe qui fait fausse route. « L’UE aime se vanter au sujet de son marché intérieur de 450 millions de consommateurs, mais quand elle en vient au secteur des services - qui représente 70 % de l’économie européenne -, les choses sont plus délicates. Il y a dix ans, les pays de l’UE ont assoupli les barrières empêchant la libre circulation des marchandises. Mais un rapiéçage de la législation et des pratiques locales continue de gêner le mouvement des services. Des comptables, des avocats et des agents immobiliers aux coiffeurs, aux sages-femmes et aux plombiers, ceux qui essayent d’offrir des services en dehors de leur pays d’origine, risquent d’être étranglés par ces systèmes », prévient le journaliste, qui ajoute que « beaucoup de règles qui étaient élaborées pour des raisons de sécurité entravent aujourd’hui le travail ». Mais il a une solution, et elle s’appelle Bolkestein. « Enlever les barrières stimulerait la productivité et les salaires aussi bien que l’emploi. Les consommateurs tireraient bénéfice également des prix inférieurs en raison d’une plus grande concurrence. » C’est un progrès selon le journaliste qui, décidément, ne comprend pas « une telle hostilité contre une idée potentiellement productive ». Car, pour lui, « la directive faciliterait la réglementation et accélérerait le mouvement d’implantation de commerces dans un autre pays. Elle permettrait aussi à des compagnies enregistrées et en règle dans un pays d’offrir leurs services dans n’importe quel de ces États membres. Ce « principe du pays d’origine » dépoussiérerait ainsi la plupart des arrangements professionnels nationaux confortables dans l’UE, en permettant la concurrence extérieure directe ». Alors, pourquoi tant de haine ? « Parce que la directive pourrait signifier que les compagnies établies dans les pays avec peu de règlement fassent des affaires dans l’ensemble de l’Europe. Et c’est bien pour cette raison que la directive ne passe pas. » Qui a tort ? Qui a raison ? Une chose est sûre : Anglo-saxons et Français ne se rassemblent vraiment pas sur leurs conceptions des modèles sociaux !

-  Source : Peter Gumbel, Time Europe, dimanche 20 mars 2005.

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