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Point de vue Tsunami made in France
Par José-Manuel Lamarque (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
27/03/2005 • 00h00
Lundi 30 mai, jour de la saint Ferdinand, 22e semaine de l’année, la France vient de s’exprimer.
Le non au Traité constitutionnel européen est passé, et les rédactions tournent à plein régime depuis la veille à 20 heures.
En ce premier jour d’opposition au projet européen, les partis politiques français sont en ordre de marche. Voilà, c’est à ce moment que je suis sorti de mon cauchemar... réveillé par la radio, diffusant l’info en continu annonçant une montée des partisans du non avec 56 % au dernier sondage... Il est vrai que nous sommes encore loin du 29 mai, mais que jour après jour, lapalissade, il approche de plus en plus... Et pendant que nous subissons les derniers résultats en faveur du non, le oui est aux abonnés absents, c’est même à croire qu’il n’aurait jamais existé !... Eh oui, que peut-on écrire aujourd’hui quant au référendum français, si ce n’est que pas un ne bouge chez les partisans du oui, seuls les éternels amis de Jack, au moins, l’ont fait savoir, avec des fils blancs, mais quand même... Que sommes-nous donc devenus, et quel est ce pays qui jour après jour offre un drôle de visage, non pas à ses partenaires européens, mais à l’ensemble de la planète... C’est à se demander si George Walker B. n’aurait pas fait des petits chez nous depuis cinq ans. Ah qu’il est beau notre village gaulois, avec son clocher, ses collines, ses hêtres et ses chênes ancestraux ; ce petit ruisseau qui passe près du pré aux pommes, là où se reproduisent les goujons, et là-bas, au loin, cette belle forêt de feuillus, où passent en horde les sangliers que nos braves chasseurs vont tirer à l’approche des premiers frimas. Parce que c’est aussi ça la France, avec nos braves agriculteurs qui voteront non, même s’ils profitent allègrement de la Politique agricole commune (PAC), soit 50 % du budget européen, sans oublier nos chères têtes blondes parties étudier en Europe grâce à Erasmus, et dont les parents eux aussi, voteront non. Il y a aussi les artisans, les petits producteurs, ceux dont les produits sont reconnus par l’Union, reconnus et protégés, eux aussi voteront non, quant à la grande masse des salariés dont la plupart se demandent encore s’il faudra voter, leur paysage professionnel et privé a bien changé depuis trente ans, en partie grâce à l’Europe, mais pourquoi leur apprendre ce qu’ils savent déjà, me direz vous ?... Bon, trêve de coquecigrues et billevesées, si les ardents partisans du oui se retroussaient les manches et prenaient le taureau par les cornes pour faire place à une vraie campagne, nous n’en serions pas là... Je sais bien que les Parisiens en juillet 1944 acclamaient Pétain place de l’Hôtel-de-Ville, et que les Parisiens acclamaient aussi de Gaulle un mois après, mais nous n’y pouvons rien, les Gaulois sont comme ça, hormis la Gaule... Non, aujourd’hui je pense plutôt à nos enfants, à ceux et celles qui devront se faire une place dans la société dans quelques décennies, et je me demande bien quelle sera cette place si, à force de tergiverser et de raconter n’importe quoi, la France votera non... Eh bien non, cela voudra dire trente années perdues, pour nous, parce que le monde aura changé. Nos ex-partenaires européens - pourquoi pas - seront passés à autre chose, et nous, nous seront seuls face au monde... Impossible n’est pas français, mais qu’est-ce ça nous coûte encore cher, la bêtise !... José-Manuel Lamarque, journaliste spécialisé sur les affaires européennes, auteur de "L’Europe pour les jeunes", avec Emmanuel Moreau, Editions Balland.
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