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Tribune
Tout à gagner !
9/05/2005 • 01h46
Avec le projet européen entamé en 1950, nous avons réussi la paix, la stabilité et le retour à la prospérité. L’Europe économique nous a beaucoup profité et nous avons des alliés privilégiés pour faire face à un monde en transformation rapide. Il nous faut faire mieux depuis que l’Union s’est élargie. À 25, on ne fonctionne plus comme à 6 !

(JPEG) Dans le traité constitutionnel, la France y gagne (13,4% des droits de vote au Conseil contre 9% actuellement), le couple franco-allemand retrouve son poids réel (31,4% contre 18%), les pays fondateurs de l’Union reprennent la main (49,9% des droits de vote contre 35,9%) parce que la population devient le critère du poids des pays en Europe. Avec cette Constitution, qui n’est pas supérieure à la Constitution française, les Français disposent de droits nouveaux reconnus au niveau européen, sans qu’aucun de leurs droits nationaux ne soit affecté. Notre modèle de société, celui de l’économie sociale de marché, est consacré et accepté, y compris par les pays qui viennent de nous rejoindre et ceux qui ne partagent pas toutes nos conceptions, comme le Royaume-Uni. Nous y gagnons en transparence et en clarté. Les compétences de l’Union sont clarifiées -elles n’augmentent d’ailleurs pas- et sont contrôlées par notre Parlement national. Les institutions sont identifiées avec un Président stable et un ministre des Affaires étrangères. L’Europe sera plus forte sur la scène internationale.

Nous avons tout intérêt à adopter ce traité que nous avons souhaité et inspiré. Sinon, les choses resteront en l’état et se déliteront peu à peu sous la pression de la compétition mondiale : l’Europe se rangera davantage aux arguments de ceux qui souhaitent le moins de règles possible. Dans tous les cas, nous n’aurons aucune chance de négocier un nouveau compromis, qui serait forcément moins favorable à la France parce que nous ne retrouverions plus les principes auxquels nous sommes attachés. Nous sommes donc loin des passions et des empoignades politiques. En disant oui, nous y gagnons beaucoup sans rien y perdre. Nous nous mettons en mesure de mieux répondre, à plusieurs et unis, aux lourds défis d’aujourd’hui et de demain. À travers l’Europe, nous préservons et augmentons notre poids dans le monde.

Jean-Dominique Giuliani est président de la Fondation Robert Schuman.

(JPEG)
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