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La chronique de la semaine La fin dépend du début
Par José-Manuel Lamarque (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
29/05/2005 • 00h00
La France et l’Europe se sont endormies dimanche soir avec un refus clair et net d’une majorité de Français du traité constitutionnel européen. Il faut comprendre surtout ce que représente aujourd’hui la construction européenne pour les Français. José-Manuel Lamarque, journaliste spécialisé sur les affaires européennes, auteur de "L’Europe pour les jeunes", avec Emmanuel Moreau, Editions Balland et "Pourquoi les Français sont les moins fréquentables de la planète ?" avec Olivier Clodong, Eyrolles - 2005
Chez les politiques, peu ou prou, chez les associatifs, la sempiternelle « bonne volonté » qui a tendance à s’éroder, reste la presse... Ici le constat est simple, hormis les correspondants des chaînes TV et radio, rien de tangible sur l’Europe, sauf quelques bluettes télévisées qui n’ont jamais rien apporté et des émissions radio, qui ont toujours eu le mérite d’exister. En clair, nos gouvernants ne se sont jamais souciés de l’information européenne audiovisuelle. En voici le résultat et quel résultat ! La France des « sachant » a voté oui et l’autre France, celle à qui on ne parle jamais a voté non. Donc, l’autre France a suivi le chant des sirènes extrémistes, sirènes qui n’ont jamais aimé l’Europe et qui ont toujours tout fait pour la combattre. Mais ici, point de regrets, regardons les choses en face. Au rejet de la CED en 1954, la défense européenne a perdu trente ans, combien d’années l’Europe politique et sociale va-t-elle perdre aujourd’hui ? Il faut tirer les sonnettes d’alarme ! Tant que l’Europe ne fera pas partie du paysage national et populaire français, nous aurons encore et toujours de la désinformation, de l’angoisse et de la peur. Du plombier polonais au plan B, les billevesées furent nombreuses, et ce ne fut pas l’audace des partisans du oui qui vint à la rescousse... Les français veulent du changement, peut-être que nous aussi, les constructeurs d’Europe avons besoin de changement, et que l’on nous donne les moyens pour communiquer en tant et en heure, et non pas à la louche. Serons-nous enfin entendus, ou faudra-t-il encore une fois que le peuple le fasse à sa manière, et que nous soyons encore et toujours considérés comme de doux rêveurs vivant sur une planète appelée Europe ! Et comme l’a dit Manlius, le poète : « Finis origine pendent », la fin dépend du début ! Il n’avait pas tort.
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