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Qui s’enrichit en Europe ?
26/09/2005 • 11h23
Depuis le début des négociations d’adhésion avec les Etats entrés en 2004 dans l’Union européenne, quelles sont les évolutions constatées ? Une étude d’Eurostat remet en question bien des idées préconçues. Pierre Verluise est l’auteur de Géopolitique de l’Europe (Paris, éd. Ellipses, mars 2005) et directeur de la revue géopolitique en ligne Diploweb Qui s’enrichit ? L’arc de pauvreté relative constitué par les pays d’Europe balte et centrale est caractérisé entre 1995 et 2003 par une progression significative du PIB par hab. en SPA (UE25=100). Certes, il convient de ne pas perdre de vue que le PIB par hab. de ces pays était souvent au milieu de la décennie 1990 entre le tiers et la moitié de la moyenne de l’espace UE25. Et ce sont ceux dont le niveau de départ était le plus bas qui ont connu la plus forte progression. Tout de même, il importe de prendre conscience que l’Estonie passe de 34 en 1995 à 49 en 2003 ; la Lituanie de 34 à 46 et la Hongrie de 50 à 61. La Pologne, le plus peuplé des nouveaux Etats membres s’élève de 41 à 46 ; soit un enrichissement comparativement assez modeste. Et les candidats ? La Roumanie et la Bulgarie, candidates à l’Union européenne pour 2007, affichent des évolutions contradictoires. Alors que la Roumanie s’enrichit de manière relative (25 en 2000 , 30 en 2003), la Bulgarie s’appauvrit un peu (31 en 1995, 30 en 2003). Pour l’heure, ces deux pays restent à des années lumière de la moyenne de l’UE25. La Croatie, également candidate, affiche un enrichissement plus significatif puisqu’elle passe de 37 à 46. Soit un gain de 9 points qui la met au niveau de la Pologne. L’Allemagne part en vrille Qui s’appauvrit ? L’étude met évidence la régression du PIB par hab. en SPA de l’Allemagne, la France, la Belgique et l’Italie. Soit, quatre des six pays fondateurs de la CEE. L’Allemagne régresse de 119 en 1995 à 108 en 2003 ; soit une perte de 11 points. Quelle dégringolade... Le « miracle » allemand se montre en pleine déconfiture. L’Italie chute de 115 à 107 (-8). La France régresse de 115 à 111 (-4) et la Belgique de 120 à 118 (-2). Ah, les pauvres Suisses ! La régression semble se propager à certains pays limitrophes : l’Autriche, la République tchèque et Danemark. Hors UE, la Suisse s’inscrit sans conteste dans le groupe des pays inscrits dans une dynamique d’appauvrissement relatif. En effet, le PIB par hab. en SPA helvète chute de 146 à 131. Sauf la Suède, l’Autriche, Malte et Chypre, les pays qui ont le plus progressé sont généralement ceux qui appartiennent aux dernières générations d’arrivants dans l’UE, dont le Royaume-Uni, la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Le Royaume-Uni connaît un enrichissement presque insolent de 110 à 118 ; soit 10 points de mieux que l’Allemagne en 2003. Prévisions pour 2005 Les prévisions pour l’année en cours semblent confirmer la croissance économique dynamique de la plupart des nouveaux Etats membres. La variation annuelle du PIB à prix constants en 2005 serait de 7,2% en Lettonie ; 6,4% en Lituanie ; 6% en Estonie ; 4,9% en Slovaquie ; 4,4% en Pologne ; 4% en République tchèque ; 3,9% en Hongrie et à Chypre ; 3,7% en Slovénie et 1,7% à Malte. Les prévisions pour la Pologne sont une bonne nouvelle pour tous les pays de l’UE25, parce qu’il s’agit du plus peuplé des nouveaux Etats membres. Et la Turquie ? Enfin, la Turquie - candidate à l’adhésion communautaire - semble à la peine. En effet, son PIB par hab. en SPA régresse de 30 en 1995 à 28 en 2003. Le début des années 2000 a donc été marqué dans ce pays par une période d’appauvrissement. Pour autant, l’avenir n’est pas écrit. Cette analyse nous conduit donc à actualiser nos représentations de l’évolution des niveaux de vie à l’Ouest du continent eurasiatique.
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