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Livre blanc sur la politique de communication européenne : Du beau, du bon, du chemin, encore beaucoup de chemin...
Par Eric Dacheux (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
10/02/2006 • 19h21
Le programme d’action soumis le 1er février dernier à l’évaluation des citoyens (sur le site Europa) intitulé « Livre blanc sur la politique de communication européenne » fait suite au « plan 3 D, comme démocratie, débat dialogue » lancé par la Commission en octobre 2005 et à une liste de mesures visant à améliorer la communication de l’Union européenne nommée « plan d’actions » (juillet 2005).

Eric Dacheux est chercheur au CNRS (Laboratoire communication et politique). Dernier livre paru « Comprendre le débat sur la constitution de l’Union européenne », Publibook, 2005.

On l’aura compris, les "non" français et néerlandais auront poussé la Commission à agir dans un domaine essentiel à la bonne santé des démocraties modernes : la communication.

(GIF)
Eric DACHEUX © CNRS Photothèque - Christophe LEBEDINSKY

Sans conteste, toutes ces initiatives vont dans le bon sens :
-  La communication est, enfin !- pensée comme « un processus à double sens » (p.2) et non plus comme une simple opération de marketing ;
-  L’importance primordiale de la proximité et des contacts directs sont soulignés « s’il est évident que les technologies de communication sont importantes, les contacts directs restent toutefois déterminants » (p. 7)
-  La Commission ne fait plus la confusion entre information et culture civique et s’est finalement rendue compte qu’il ne fallait pas mettre la charrue (l’information européenne) avant les bœufs (l’éducation civique européenne) : « L’éducation civique [...] est déterminante pour permettre aux citoyens d’exercer leurs droits politiques et civiques et de participer à la sphère publique » (p.7)

Cependant, il reste beaucoup de chemin avant de mettre en place une communication européenne, permettant d’intégrer les questions européennes au cœur même des sphères publiques nationales (objectif de ce livre blanc) :

-  Tout d’abord, il convient de ne pas se tromper d’objectif. Nous l’avons dit dans une tribune précédente, il ne s’agit pas de rapprocher l’Europe des citoyens ou de combler le fossé entre les institutions et le peuple, mais de développer une communication politique européenne, c’est-à-dire de favoriser un conflit intégrateur sur les différentes visions de la construction européenne.

-  Ensuite, il ne faut pas se tromper de mot. Impliquer le citoyen dans le processus, n’est pas développer la participation. Les citoyens souhaitent participer aux décisions concernant l’avenir de l’Union, en particulier la définition du territoire européen, ils ne veulent pas être « pliés dans » (étymologie du verbe impliquer) un projet qui s’est fait trop longtemps sans eux.

-  De plus, le livre blanc continue de surévaluer les nouvelles technologies et de sous évaluer les télévisions nationales. Or, les chaînes généralistes nationales restent, les enquêtes Eurobaromêtre en témoignent, la source d’information sur l’Europe, préférée des habitants de l’UE.

-  Enfin, le livre blanc reste étrangement muet sur les moyens financiers. Or, la communication et la démocratie ont un coût. Tant que le budget pluriannuel de l’Union sera inférieur au budget annuel d’une agence de publicité européenne, peu de choses pourront être effectivement mis en œuvre.

Le livre blanc de la Commission est un premier pas. Il en faudra bien d’autres pour tracer le chemin...

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