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CPE : et si l’Europe s’en mêlait ?
Par Régis Verley (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
9/04/2006 • 23h33
Les étudiants qui défilent à Paris ou dans les villes françaises contre le CPE pourraient se demander s’ils ne devraient pas défiler dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg. Gouvernement, manifestants, syndicats et autres agissent comme si la question de la précarité était un sujet strictement franco-français. L’Europe, je parle des États européens et donc des gouvernants français, s’est dotée, depuis 1997, d’une stratégie européenne pour l’emploi. Messieurs Jospin et Chirac étaient côte à côte lorsqu’ils ont approuvé le principe d’une telle stratégie. Elle ne leur a pas été imposée par un obscur technocrate ! Depuis, tous les ans, les Européens adoptent des objectifs communs en matière d’emploi et de lutte contre le chômage, ils soumettent à la Commission européenne leur « Plan national pour l’emploi » et la Commission, avec ses experts, produit un « rapport conjoint » dans lequel elle analyse les différentes politiques menées par les pays européens. S’ils avaient poussé la curiosité jusqu’à lire ces documents, les observateurs français sauraient depuis bien longtemps que : - La France a un réel problème d’emploi pour les jeunes et que le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans y est largement supérieur à la moyenne européenne, - La France connaît des « rigidités » dans l’accès à l’emploi durable, et que le pays connaît un vrai problème d’accès à l’emploi à durée indéterminée. Dans les autres pays l’accès à l’emploi s’effectue également au travers d’un contrat à durée déterminée mais le passage de l’emploi CDD à l’emploi CDI y est facilité, - Il y a en France des problèmes de formation : le taux de jeunes sortant du système scolaire sans qualification y est trop important. L’adaptation des formations aux besoins des entreprises est insuffisante. - La France connaît un vrai problème de « partenariat social » dans la mesure où les organisations syndicales, peu représentatives des salariés du secteur privé, des jeunes et pratiquement pas implantées dans les PME, ne participent pas, ou peu, à la définition des politiques sociales. Ailleurs le sujet de l’emploi fait l’objet de conférences nationales dans lesquelles les organisations syndicales jouent un rôle très actif, ce qui évite bien des conflits sociaux. En ce qui me concerne, je ne sais que penser du CPE, et je suis certain qu’il n’appartient pas à l’Europe d’en décider précisément. Mais il me semble que le ton du débat actuel sur le CPE est la marque d’un grand gâchis : pourquoi ne pas profiter de l’expérience acquise dans les autres pays pour bâtir notre propre modèle d’emploi et d’insertion des jeunes ? Régis VERLEY est président France de l’Association des Journalistes Européens
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