Ils sont venus, ils sont tous là... Au programme : femmes, personnes âgées, immigrés, enfants, homosexuels, personnes handicapées, sans emploi ou en situation de pauvreté... Elle va mourir l’Europe, si solidarité il n’y a pas. Telle pourrait être l’antienne de la plateforme sociale.
Un dialogue autour de trois grands axes
Depuis 1995, cette fédération s’efforce de coordonner les préoccupations de ses membres. Celles-ci gravitent autour de trois grands axes : le développement durable, la lutte contre l’exclusion sociale et la lutte contre la discrimination. Exemples concrets : l’accès aux services sociaux ou l’égalité entre les hommes et les femmes.
« L’Union européenne parle sans cesse de devenir plus compétitive », explique Simon Wilson, son directeur. « Nous avons presque l’impression que le développement durable et la politique sociale ne sont que la cerise sur le gâteau. » Si l’Union européenne est focalisée sur la compétitivité, la situation économique actuelle n’y est sans doute pas étrangère, mais la plateforme estime que la croissance économique est liée au développement durable et à la politique sociale. « La compétitivité, le développement durable et la politique sociale sont trois piliers qui doivent absolument avancer en même temps », poursuit Wilson.
Tous à l’unisson
Pourquoi une Plateforme sociale ? Ses membres ne sont-ils pas en mesure de faire passer leurs idées eux-mêmes ? « Nous ne faisons pas le travail de nos membres à leur place, mais nous nous efforçons de donner plus d’impact à leurs demandes et à leurs opinions en matière de politique sociale », explique Wilson. « Notre priorité à tous, c’est l’Europe sociale et il est important de parler d’une seule voix. » La Plateforme sociale repose sur un ‘dialogue civil’ structuré avec la Commission européenne qu’elle rencontre deux fois par an. Elle a également bénéficié de bons échanges avec le Parlement européen ces cinq dernières années, mais cela continue à dépendre de l’attitude du Président du Comité pour l’Emploi et les Affaires Sociales. Quant au Conseil, il faut s’en remettre à la bonne volonté de la Présidence. « La Présidence irlandaise invite les ONGs sociales à participer à certains événements et est relativement ouverte à l’égard de la société civile », explique Wilson. « Nous verrons comment cela se passera lors de la Présidence néerlandaise, mais ils ont généralement moins tendance à inviter la société civile à s’exprimer. »
Un des objectifs principaux de la Plateforme est d’ailleurs d’obtenir un dialogue plus structuré avec les institutions européennes. C’est ainsi qu’elle a tout mis en œuvre pour que l’article 46 sur la démocratie participative soit inscrit dans le projet de Constitution et qu’elle fera le nécessaire pour que cela se traduise dans la réalité.
Victoires et défis
Au-delà de cette lutte pour une démocratie plus participative, la Plateforme a contribué à de nombreuses avancées sociales, parmi lesquelles l’inclusion de la Charte des Droits Fondamentaux dans le projet de Constitution européenne.
Dans quelle mesure la Plate-forme a-t-elle contribué aux travaux de la Convention sur l’avenir de l’Europe et à l’élaboration du projet de Constitution européenne ? Si elle n’a pas eu de véritable droit de regard sur les travaux de la Convention, elle a vivement contribué à ce que soit créé un groupe de travail qui s’est penché sur la place de l’Europe sociale dans le projet de Constitution. Si tout va bien, tous ces efforts aboutiront lors de la Conseil européen des 18 et 19 juin qui décidera du sort du projet de Constitution.
Mémo : d’autres dossiers en cours ?
Le rôle des services sociaux dans le cadre du débat sur les services d’intérêt général et la stratégie d’inclusion sociale, pour n’en citer que quelques-uns. La Plate-forme sociale se bat pour que les droits sociaux restent une priorité dans l’Union européenne. Au lendemain des élections européennes, ce combat n’a certainement pas perdu son sens...
Dernièrement la Plate-forme a accueilli le Bureau d’Information pour les Roms (ERIO) en son sein. « Les Roms sont désormais la plus grande minorité ethnique de l’UE et ils sont face à un niveau de discrimination et d’exclusion incroyable », explique Wilson. « Il faut absolument faire en sorte qu’ils soient bien représentés au niveau politique afin qu’ils puissent peu à peu améliorer leur situation. »
En savoir plus :
Commission de l’emploi et des affaires sociales au Parlement européen
Emploi et Affaires sociales, Commission européenne
Agenda pour la politique sociale, Commission européenne
Fiches de synthèse sur l’Emploi et la Politique sociale
Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes
Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail