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Par Mehdi Chebana (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
1er/10/2007 • 11h41
Le 25 novembre, les Roumains éliront les 35 députés qui les représenteront au Parlement européen. Un premier test d’eurocitoyenneté menacé par un désintérêt général.

par notre envoyé spécial en Roumanie.

Faire en sorte qu’un électorat “bien informé et nombreux” participe aux élections européennes. C’est la mission que s’est fixé le Conseil roumain de l’audiovisuel qui a réuni la semaine dernière journalistes, analystes politiques, responsables d’ONG et candidats à l’eurodéputation pour “enfin parler d’Europe". Et proposer une campagne pédagogique et attractive.

“Selon les premières estimations, la participation ne dépassera pas les 30%”, s’inquiète Ana-Maria Mosneagu, présidente de l’association Pro democratia, l’une des ONG les plus influentes dans le pays. “C’est trop peu. Globalement, les gens sont plus préoccupés par leurs petits problèmes quotidiens que par les thèmes abordés à Bruxelles. Mais ce n’est pas propre à la Roumanie. En Bulgarie et en Pologne, la participation aux européennes était inférieure à 30%. En Slovaquie, elle n’a même pas dépassé les 17%. Nous pouvons mieux faire si les médias communiquent correctement sur le sujet”.

Spots d’information sur la campagne proprement dite, débats entre les candidats, émissions thématiques sur le rôle des institutions européennes, leur influence sur la vie quotidienne des Roumains... A partir du 24 octobre, radios et chaînes de télévision publiques vont mettre le paquet. “Nous avons une grande responsabilité dans cette campagne”, estime Maria Toghina, présidente de la Société nationale de radiodiffusion qui émet dans les endroits les plus reculés du pays mais aussi à l’étranger. “Si plus de 80% des Roumains étaient favorables à l’adhésion avant le 1er janvier, on constate qu’ils sont très peu à posséder une véritable culture européene. Un récent sondage montre qu’ils sont à peine 5% à connaître l’histoire de la construction de l’UE, la liste des pays membres, le rôle des différentes institutions... C’est inquiétant.”

Des élections "sans intérêt"

Pour les grands médias privés, l’échéance n’est ni "sexy" ni "vendeuse". “Soyons sérieux, ces élections n’intéressent pas grand monde”, lance Razvan Dumitrescu, célèbre réalisateur de la chaîne info en continu Realitatea TV. “La lutte contre la corruption ou l’augmentation du coût de la vie captivent bien plus l’attention que les quotas de poissons dans la mer du Nord ! Franchement, je ne pense pas que nous modifierons nos programmes pour ces élections.”. Même son de cloche à Pro TV, chaîne très appréciée pour ses émissions de divertissement et ses super-productions américaines. “Notre rôle est de distraire, pas d’éduquer”, s’agace le réalisateur Cristian Tabara. “Dans une société démocratique, on n’impose pas des programmes de type patriotique. Pour nous c’est clair : pas d’émission spéciale. On parlera des européennes dans nos bulletins d’informations, pas plus.”

A ces réticences d’ordre économique s’ajoute le désengagement total des hommes politiques de premier plan. Parmi eux, seul le populiste George Becali figure parmi les candidats à l’eurodéputation. Il envisage, toutefois, de renoncer a son éventuel mandat pour préparer la présidentielle de 2009.

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