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La déesse Europe est libanaise !
Par Nathalie Van Batten (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
1er/04/2004 • 17h38
Notre continent doit son nom à l’enlèvement d’une princesse prénommée Europe. Son père était roi de Tyr, ou de Sidon, selon les légendes, des villes situées au bord de la mer sur la côte de l’actuel Liban. Evidemment, il y a 4.000 ans à l’époque du mythe, on parlait de Phénicie, et non du Liban... Sous des platanes... C’est justement là, près de la Méditerranée, qu’Europe joue avec ses amies le jour où Zeus, dieu nordique, séduit par sa grande beauté, décide de l’approcher. Son sang divin n’ayant fait qu’un tour à la vue de cette splendeur. Le dieu de l’Olympe se
Pièce d’un euro (Grèce)
métamorphose, pour ne pas l’effrayer, en taureau d’une éclatante blancheur, aux cornes semblables à un croissant de lune. Puis il se couche à ses pieds. La princesse Europe se laisse attendrir et s’assoit sur le dos du taureau. Il se redresse aussitôt et s’élance vers la mer, malgré les cris de la jeune vierge. Ils traversent les flots jusqu’en Crète et passent ainsi d’Orient en Occident. Zeus reprend alors une apparence humaine. Ils s’unissent sous des platanes qui, en mémoire de leurs amours, ont le privilège de ne jamais perdre leurs feuilles. Europe, femme violentée, un mythe que notre vieux continent se trouve obligé d’assumer ! Du mythe au continent A vrai dire, même Hérodote, père de l’Histoire (Ier siècle avant J-C), reste perplexe quant à un lien logique et direct entre le rapt de la princesse et le continent : « Le plus curieux, c’est que la tyrienne Europe était de naissance asiatique et n’est jamais venue vers cette terre que les Grecs appellent maintenant Europe, mais seulement de Phénicie en Crète, et de Crète en Lycie (ndlr : aujourd’hui en Turquie). Nous considérons les noms établis par la coutume. » Les Grecs connaissaient cette histoire, un peu la leur après tout : après l’enlèvement d’Europe, ses trois frères sont partis à sa recherche, en vain. Au cours de leur périple, ils se sont retrouvés en Grèce (alors la Béotie, la Macédoine et la Thrace), et y ont fondé des villes, Thèbes notamment. L’un deux, Cadmos, apprit même aux Grecs l’alphabet phénicien, le premier jamais inventé. Dans la littérature antique, la légende a été reprise et transformée. Elle a fini par « contaminer » les mythes grecs et romains, faisant peu à peu partie de notre culture. Parallèlement, le géographe grec Strabon, lui aussi du Ier siècle avant J-C, fait aller l’Europe jusqu’à l’Atlantique. En grec, Europe signifie « celle qui voit loin », mais pourrait aussi désigner, dans une langue ancienne, « le pays où le soleil se couche », par opposition à l’Asie. Pour en savoir plus : L’alphabet phénicien : les premières lettres et leurs correspondances dans les alphabets grec et latin.
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